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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:25

images.jpgAvis aux indécrottables romantiques, le deuxième tome de la série Emma vient de sortir! L'occasion pour moi de revenir sur ce sympathique manga qui fait la part belle aux beaux sentiments et de la très belle édition que  Ki-oon a décidéde sortir pour l'occasion. A mi-chemin entre Jane Austen et la série Downtown Abbey, ce manga raconte les amours contrariés entre Emma, jeune femme de chambre douce et fragile et William, jeune lord un peu fantasque. Autant dire qu'au début du XXeme siècle, dans la très conservatrice Angleterre, cette union n'est vraiment pas du goût de tout le monde. A travers ces deux personnages, c'est la description de deux microcosmes à la fois éloigné et complémentaires qui apparaît, celui de l'aristocratie anglaise et le monde de la domesticité qui se croisent mais semblent jamais se retrouver. On pourra certes reprocher une vision un peu caricaturale et magnifiée de Angleterre par un auteur qui, de son propre aveu, n'y a jamais mis les pieds, mais force est de constater qu'on s'attache aux différents personnages sans complexes et qu'on se prend facilement aux jeux de séduction et de trahison qui en découle. On retrouve des personnages typiques des mangas tel que Hakim, l'ami indien extravagant de William (prince hein forcément, s'il vient d'Inde il ne peut être que prince), le personnage passionné en la personne de Monica, la grande soeur d'Eleanor, la fiancée "officielle" de William et autres personnages caricaturaux mais fort sympathiques ma foi. Le dessin élégant et foisonnant de détails de Kaoru Mori rajoute au charme surrané de ce manga et, si on peut être un peudubitatif au début, on se prend à guetter la sortie de la suite avec un plaisir non feint. La très belle édition en grand format de Ki-oon rend hommage à la finesse détaillé du dessin de Mori et c'est un régal. Bon bien sûr ce manga s'adresse aux plus fleurs bleues d'entre vous mais bon, hein, en ces temps de grisaille, un peu de romantisme ne fait de mal à personne! Tant que je vous tiens, si vous aimez le trait délicat de l'auteur, jetez un oeil sur son autre série, toujours chez Ki-oon, Bride Story, moins romantique et  plus ethnographique mais tout aussi attachant, qui parle d'une galerie de personnages dans la Mongolie du début XXeme (époque de prédilection de l'auteur semble-t-il).

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 11:14

imagesCAKI218W.jpgHeu... En fait, à peine commencé le début de cet article, je me rends compte que je ne sais absolument pas comment vous présenter cet ouvrage tant il est tordu. Bon, commençons par le plus simple, cette bd quasi muette est basée sur un scénario de Jim Henson et Jerry Juhl (pour les plus incultes, Jim Henson c'est le type qui a crée le Muppet Show et surtout  à qui on doit Dark Crystal, si vous ne l'avez pas vu honte à vous), qui avaient dans l'idée d'en faire un film (et vu la tronche de la BD, je vous dit pas ce que ça aurait donné en long métrage, à mon avis y'aurait fallu un paquet d'ectasy pour espérer y voir clair), manque de bol, c'est à ce moment précis qu'on proposa à Jim Henson de créer le fameux 1 rue Sésame et autant dire que le projet  de film fut reporté aux calendes grecs. Mais n'empêche, le scénario était là, frémissant depuis plus de 30 ans et voilà t-y pas qu'un doux-dingue du nom de Ramon Perez s'est mis en tête d'en faire une BD! Le moins que l'on puisse dire  c'est que c'est joyeusement perché (vous me direz avec un scénariste capable de faire parler des grenouilles et de créer les Skeksès, fallait s'y attendre). Bon maintenant me voilà bien embêté parce que vous allez me demander de vous raconter l'histoire (non? bin tant pis je le fais quand même), et c'est là que ça se corse parce que ça fait trois fois que je lis cette foutu bd et que j'ai toujours rien pigé. Peut être que y'a rien à comprendre remarquez! Enfin bref, l'histoire c'est celle d'un type sans nom, qui doit fuir dans le désert un autre type sans nom et borgne et qui pour cela a bien dix minutes d'avance alors pas de panique, de toute façon il a une carte, mais faut pas s'y fier, tout ira bien, suffit juste que quelqu'un accepte de lui allumer sa clope. Non j'ai rien bu, promis, c'est vraiment l'histoire! Et encore, là, je vous épargne les pompiers, l'ours scout et les deux vieilles qui jouent au golf en plein milieu du désert. Voilà donc l'histoire absurde d'une fuite absurde, le tout dans une mise en scène épileptique. C'est... étrange, y'a pas à dire, du coup je serais infoutu de vous dire si j'aime ou non vu que j'y ai pas compris grand-chose. Ca ressmble à un mix entre David Lynch sous amphet' et les oeuvres les plus barrés de Terry Gilliam. Cette Bd a été bardée de prix aux Etats-unis, gageons qu'elle n'échappera pas à une gratification à Angoulême. Alors soyez en avance sur la tendance, lisez-là et si une bonne âme un peu moins abruti que votre serviteur peut m'expliquer de quoi il en retourne ce serait fort sympa...

 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:48

9782359103328.jpgVoilà un chouette petit polar, à l'humour bien noir comme j'aime et au graphisme original. Eldiablo, vous le connaissez sûrement, c'est le scénariste des Lascars, quant à Mademoiselle Cha, blogueuse punk, vous avez sans doute pu la croiser dans le magazine Spirou (pour les plus vieux d'entre vous) ou au hasard de son blog (pour les plus jeunes). Une collaboration plutôt réussi, car les dessin trash et cartoonesque de la donzelle se marie très bien à l'atmosphère noir et rouge du scénario, son humour macabre et sa gouaille indéniable. Pizza Roadtrip raconte l'histoire de deux potes, Romuald, jeune papa qui tente de se racheter une conduite et Rudy, galérien de métier et dealer à la petite semaine qui doivent se débarrasser d'une "pizza" plutôt encombrante, en l'occurrence, le cadavre de Saïd, le dealer du coin, qui git dans l'appartement de Rudy, le crâne explosé à coup de tabouret par la copine de ce dernier. Comment se débarrasser du cadavre? C'est simple, suggère Mathilde, la dite copine, suffit d'aller l'enterrer bien loin, en rase campagne, pas loin d'un bled paumé en Bretagne. Facile, "aussi simple que de livrer une pizza mec" dira justement Rudy. Vous vous doutez bien que c'est le début des emmerdes. Le scénario, malin, nous distille au fur et à mesure des indices par l'intermédiaire de flash-backs sur les tenants et les aboutissants de ce petit polar pas piqué des vers. Avec une histoire rendu particulièrement réaliste et vivante par les dialogues concocté par cet as de la langue qu'est Eldiablo et le dessin dynamique de Cha, tout cela vous donne une bd franchement sympa, bouffée d'air au milieu d'une rentrée littéraire plutôt morose. Pour les amateurs de polar et d'humour bien noir et amer comme un café corsé.

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 12:24

9782917157190.jpgUn nouveau livre de Damasio, c'est forcément un évènement (enfin pour moi hein, vous n'en avez peut-être rien a carrer, mais ça ne regarde que votre mauvais goût et tac!), surtout que le monsieur n'est pas des plus prolifiques vu que sa dernière production en date est de 2004, hé oui les enfants, La Horde du Contrevent a déjà 8 ans! Si vous ne connaissez pas cette oeuvre, mes pauvres amis je ne peux plus rien pour vous! Vu que c'est ce qui s'est fait de plus enthousiasmant en SF depuis une bonne dizaine d'années. Damasio c'est le type qui a prouvé que Asimov et Perec étaient hautement compatibles et que ça pouvait accoucher d'un des plus inventifs roman du moment. Alors, c'est toujours compliqué de parler de Damasio surtout quand on est un vague tâcheron de l'écriture comme mézygue, c'est un peu comme si Chalotte aux fraises tentait d'expliquer avec ses mots la philosophie d'Heidegger, voyez? (J'ai réussi à mettre Charlotte aux fraises et Heidegger dans la même phrase je sais pas si vous vous rendez compte du challenge) vous voyez pas? En fait moi non plus, disons en tout cas que c'est juste dur d'expliquer le style de Damasio quand vous possédez moins de 3000 mots de vocabulaire, c'est ça le truc. Damasio est un obsessionnel de la langue, un acharné du langage écrit ou parlé, sous toutes ses formes et tout ses délires. C'est pas qu'il travaille son vocabulaire, ho non! Malheureux! Il te le cisaille, te le découpe, t'en fais des colliers verbales, c'est pas pour rien que le coco ne sors qu'un livre tout les 36 du mois, c'est un orfèvre des mots, un sculpteur de phrases. Dans la Horde du Contrevent, il avait travaillé sur l'idée du langage dans l'air, inventant tout un vocabulaire et un orthographe autour du vent et de sa manière de transporter les sons. Le voici de retour avec ce recueil de nouvelles, où on retouve avec une fascination sans faille, son talent d'écrivain obsédé par les mots et leurs significations, par la sonorité des syllabes, et par tout les modes de communications qui peuvent exister ou que l'auteur invente pour l'occasion. Dans ce recueil, les lumières se répondent (So phare away), les intruments forment des lettres (Sam va mieux) et Internet devient une machine à la communication dévorante qui va jusqu'à dématarialiser les humains (C@ptch@). On retrouve avec bonheur les thèmes chers à l'auteur, le travail sur les mots et leurs significations, la transformation des corps et la critique de notre société marchande, sur ce dernier point permettez moi une infime critique, ce n'est pas là dedans qu'il est le meilleur disons le clairement, mais quand il se penche sur les mots et leurs sens, bon sang quel délice! Le principe des nouvelles est par ailleurs un peu frustrant car on aimerait en avoir encore plus (So phare Away mériterait un roman de 500 pages à lui tout seul),  mais ce sont des amuses-gueules délicieux pour les néophytes qui auraient un peu peur de se lancer dans le pavé de La Horde, et pour ces fans, de succulents hors d'oeuvre qui font saliver en attendant la suite qui arrivera bientôt  j'espère. Parce que ça m'a donné une fringale monstrueuse, moi! je rêve de gueuletons de phrases, de ventrées de de syllabes, d'une indigestion de voyelles, de succulents gueleutons linguistiques concocté par ce maître queux de la langue française! Bon, on peut se consoler en se disant que vu la densité de certaines des nouvelles de ce recueil, il faudra les relire une bonne dizaine de fois pour en saisir toute la saveur. Un artiste je vous dis!

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 13:49

2666.jpgBon ça fait longtemps que je n'ai pas posté (45 jours d'après le site...), j'adorerais prétendre que c'est parce que j'étais trop occupé par mes lectures mais en fait non...De toute façon je parie que mes trois lecteurs ne s'en sont même pas rendu compte (coucou poune juste pour te rappeler que j'ai retrouvé ton bouquin...) Enfin bref, pour compenser aujourd'hui je vais vous parler de groooos livre, 1362 pages pour être plus précis. Le genre de pavé que vous ne pouvez que prendre pour vos vacances mais en vous demandant si vous allez devoir payer un supplément bagage dans l'avion, ou que vous  mettrez un an à lire si ce n'est pas le cas. En fait non, d'ailleurs je vous conseille de le prendre pour vos vacances car si vous mettez un  an pour le lire, vous allez être comme moi, complètement paumé. Je m'explique: ce bouquin est un véritable labyrinthe!  Pour suivre Bolano dans les méandres de son récit, il faut être bien accroché et bien concentré. Non que ce ne soit pas interressant, ce livre est exceptionnel, sans doute LE livre de la deuxième dizaine du millénaire (et oui déjà les zamis), sans doute aussi important que des monuments tel que Belle du seigneur ou La recherche du temps perdu, mais c'est intense vraiment intense. Brillant, très brillant, peu être un peu trop d'ailleurs au point de faire mal aux yeux, au point de se sentir un peu bête face à un tel chefs d'oeuvre, au point de se demander si on a le QI nécessaire bref,  ce livre est d'une intelligence rare, l'oeuvre d'une vie (l'auteur est mort juste après, un signe sans doute...) mais ce n'est pas le genre d'ouvrage que vous pouvez lire que d'un  oeil, en pensant à autre chose. Bon passons à l'histoire, là je suis assez emmerdé parce que, vous racontez une histoire irracontable c'est pas facile. Alors en gros (en gros hein, c'est vraiment les grosses lignes, genre faites au marqueur), c'est l'histoire de 4 universitaires spécialistes de littérature allemande qui découvrent un peu par hasard un mystérieux auteur, Von Archiboldi, écrivain allemand dont personne, même son éditeur, ne semble rien savoir. Lui vouant un culte, ces chercheurs vont tenter de partir sur ses traces, cette aventure va les emmener jusqu'au Mexique où des meurtres sanglants de jeunes femmes endeuillent  une petite ville perdue. Bon donc là vous avez les grandes lignes, mais sachez que ce récit foisonnant ne se contente pas de de suivre les pérégrinations de ces quatres protagonistes, non, il prend moults chemins détournés, partant d'un détail dans la conversation pour se lancer dans une diatribe sur les phobies, d'un personnage tout à fait secondaire pour partir sur la piste de sa fille disparue, d'un professeur d'université qui vous emmenera à la découverte de la géométrie des auteurs (oui là j'ai pas trop compris non plus), et j'en passe. Vous l'aurez compris, ce roman est la quintessence du roman choral, énorme, magnifique, intelligent mais intense, réellement intense, il perd le lecteur volontairement pour mieux lui donner le vertige et ça marche du tonnerre! Je n'ai jamais été aussi perdu et aussi content de l'être, ce roman est fascinant, magnifique, il FAUT le lire mais le lire avec attention, tous les neurones en alertes, vous voilà prévenu!

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 17:00

Ca vous ai jamais arrivé? Vous êtes dans une soirée, dans une conférence ou même en cours et quelqu'un se met à parler DU classique que tout le monde a lu... sauf vous! Vous regardez autour de vous et voyez les mines entendus des gens et vous, vous vous sentez aussi gêné que dans le cauchemar où vous vous pointez sans pantalon à votre boulot (ou en bas résille en train de chanter à tue tête "Life is a cabaret my friend", je ne souhaite à personne cette déclinaison c'est vraiment très très génant...), et une petite voix geignarde couine dans votre tête "Ho mon dieu je n'ai pas lu (cocher la mention de votre choix):

  • AmosOz
  • Marguerite Duras
  • Dostoievski
  • Melville
  • Tous ceux là plus des milliers d'autres
  • Melville? C'est pas le mec qu'a gagné le dernier X Factor?

Et vous tremblez dans vos chausettes désormais moites, de peur qu'on  ne vous interroge, ce à quoi vous devrez répondre d'une petite voix 'je l'ai pas lu..." et devrez accepter les cris hystériques à base de "Quoi mais c'est un CLASSIQUE!", ou alors plus hypocrite vous hocherez la tête d'un air entendu comme 90% des autres personnes de la dite soirée. Bref, sachant que je rentre dans l'avant dernière catégorie, j'essaye de temps à autre de pallier au gouffre de mes méconnaissances et tente (vaguement) d'y remédier en me plongeant dans un classique.  Des fois j'adhère super pas, Proust par exemple (OUI je sais, c'est une HONTE! Je fais un travail là dessus, apparement ça viendrait d'un traumatisme lié à la petite enfance rapport à une grande tante qui m'aurait traumatisé avec des madeleines) et puis des fois je me dis, "Mais bon sang comment ai-je pu passer à côté d'un tel chefs-d'oeuvre?", Les confessions de Nat Turner, de William Styron sont de ceux là. Bon, je SAIS, tout le monde va me dire "Ho mais pourquoi t'en parles tout le monde le connais ce livre, c'est un CLASSIQUE!"  oui, alors et d'une: ZUT et de deux: si ça peut donner envie à ceux qui ne l'ont pas encore lu de s'y coller, j'aurais pas perdu ma journée et de trois: c'est MON blog d'abord! Donc ça y'est j'ai lu un CLASSIQUE (il ne m'en reste que 56600, d'ici là, sûr que j'aurais réglé mon histoire de madeleine et d'allergie à Proust)...

William Styron, auteur de l'incontournable Choix de Sophie (autre grand classique que je n'ai pas lu...) est donc l'auteur de cet ouvrage qui fit scandale lorsqu'il parut pour la simple et bonne raison qu'il racontait l'histoire de Nat Turner, esclave noir révolté qui massacra des familles entière, à la tête d'une bande d'esclaves en déroute. Il avait en effet décidé de délivrer ses compagnons d'infortunes en éradiquant la race blanche de la surface du globe. Prodigieusement intelligent, mystique jusqu'à la folie meurtrière, il massacra avec ses hommes, une dizaine de personnes, ne faisant aucune pitié des enfants ou vieillards qui croisaient sa route. Le livre raconte ses confessions, du début de sa vie, aurpès d'un maître bon et humaniste qui lui apprit à écrire, puis sa lente descente aux enfers lorsqu'il fut vendu par son maître criblé de dettes à un prêtre complètement fou, qui lorsqu'il n'essayait pas de le violer, l'attachait à une chaine sans le nourrir et le battait comme plâtre. Dès lors, Nat Turner vouera une haine féroce à l'homme blanc, d'autant plus amer que son premier maître lui avait promis la liberté, sa vente à un autre maître plus humain après l'épisode atroce du prêtre, ne fera pas taire sa colère et bientôt, grâce à son intelligence et son charisme, il amènera d'autres esclaves sur le chemin d'une sanglante révolte.

Styron sait comme personne décrire les paysage et l'ambiance des champs de coton, la chaleur étouffante et la nature superbe, indifférente à l'horreur qui s'y prépare sans un bruit.  Le chemin sanglant de Nat Turner touche autant qu'il nous effraie, la froideur avec laquelle le personnage principal  envisage le meurtre de ses maîtres, ses préparatifs quasi-militaires pour mettre en place sa furie, les manipulations dont il fera preuve font froid dans le dos. Rarement le cheminement intérieur d'un meurtrier ne  sera aussi bien décrit que dans cet ouvrage dur et implacable, et pourtant beau et tragique en même temps. Le terme "classique incontournable" prends désormais tout son sens pour moi, j'envie presque ceux qui ne l'ont pas encore lu, rien que pour le plaisir de cette découverte fabuleuse...

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 15:22

images-terre.jpegY'a des bouquins bizarres vous savez? Le genre de livre que vous lisez et une fois refermé, vous êtes complètement incapable de dire si vous avez aimé ou non? Ca vous ait jamais arrivés? Bon moi ça m'arrive pas souvent, en régle générale je suis plutôt lapidaire dans mes décisions, passant sans vergogne à "C'est prodigieux, génial manifique! Ce type (cette femme) est mon nouveau dieu, je vais créer une secte en son nom" à "C'est d'une nullité sans borne, rien qu'à lire le titre, j'ai la gerbe, y'a des gens à qui on devrait coupé les mains et tenir très très loin de tout ce qui ressemble à un stylo ou un clavier" et là, avec Liliana Lazar, je suis pas mal emmerdé parce que je ne sais pas ce que j'en ai pensé... Je l'ai lu jusqu'au bout et d'une traite, ça c'est déjà un bon point mais en même temps, la bigoterie qui s'en dégage me rends un peu septique... Peut être est-ce la volonté de l'auteure de montrer ce climat religieux, cette foi forte envers et contre tout qui me dérange un peu, étant plutôt agnostique sur les bords (et au milieu aussi), ou alors peut être y'a t-il de sa part une certaine ironie que je n'aurais pas saisi, je ne sais pas, toujours est-il que ce roman est perturbant. L'histoire se passe dans la Roumanie de Ceaucescu où le communisme fait rage et que la religion est banni. Dans un petit village perdu au milieu des forêts, se trouve un lac, perdu au milieu de nulle part appelé "La fosse aux lions" par les habitants et considéré comme maudite par la plupart. Sauf un, un jeune garçon du nom de Victor, aux prises avec un père tyrannique et qui se réfugie ici pour lui échapper. Un jour, le père aviné le suit jusqu'au lac et Victor, plein de peur et de colère, le tue par accident. Dès lors, le petit garçon, persuadé que le lac a joué en sa faveur dans ce drame, se désignera l'élu de la fosse aux lions. Mais la folie meurtrière qui l'avait prit lors du meurtre de son père, le poursuit jusque dans l'âge adulte et bientôt, c'est aux femmes qu'il s'en prendra. Avec la complicité de sa mère et de sa soeur, ferventes orthodoxes, il se cache dans le grenier de leur maison et copie les livres religieux interdits par le régime dans l'espoir d'y trouver une rédemption. L'écriture fluide de Liliana Lazar se mèle à l'étrangeté du récit qui oscille en permanance entre un réel des plus implacable et un imaginaire fantastique et religieux, curieux mélange mais qui marque indéniablement. Bizarrre, ce livre laisse un goût étrange, un mélange de septicisme et de fascinant. Va falloir que je crée une rubrique spéciale pour ce genre de bouquin, un truc intitulé "trop bizarre mais plutôt bon".

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 12:31

trois-ombresOui je sais, les amateurs de BD vont me dire "Oulah tu dates un peu, c'est vieux ce truc". Oui ça a au moins un an et demi  et au regard du monde de l'édition (30 nouveautés en moyenne par mois), autant dire que ça date de Mathusalem... Mais pour ceux qui ne connaissent pas, il n'est jamais trop tard pour s'y mettre car cette somptueuse BD en noir et blanc est un chefs-d'oeuvre de poésie. Au milieu des oeuvres pétaradantes à base gros muscles et de belles pépées aux protubérances mamères dignes des plus belles vaches laitières du salon de l'agriculture, ça fait du bien de voir ce genre de petits chefs d'oeuvre. Cette fable pour adulte est une allégorie sur la mort, la fuite devant l'inéluctable et son acceptation.  Les héros de cette histoire moyennâgeuse, c'est le petit Jonathan, poursuivi par trois ombres mystérieuses qui veulent l'emmener et son père, bloc de courage et de fureur qui refuse l'inéluctable. Malgré l'opposition de Lise, sa femme, résignée face à la fatalité, ce père desespéré va fuir au delà des mers pour mettre son fils à l'abri. Mais qui peut échapper à la mort? Dans cette fuite en avant, le père et le fils devront affronter des marins véreux, des esclaves en révolte et un étrange voleur d'âme. Mais aussi, la mort, incarnée par les trois ombres de cette histoire, à la fois inquiétantes et séductrices. Tour à tour onirique et desespéré, cette histoire ne plonge pourtant jamais dans le désespoir et la fin apaisée est aussi une ode à la vie qui continue malgré la tristesse ou peut-être grâce à elle. Le dessin de Pedrosa, habitué à des histoires moins sombres pour le journal de Spirou, offre ici une ambiance gothique et enfantine à la fois, collant parfaitement à cette histoire. Un  magnifique conte pour adultes.m_TroisOmbresPlanche.jpg

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 14:29

imagesegolf.jpegLe temps est venu de tuer le veau gras et d'armer les justes. Tel est le titre complet de cet ouvrage qui figure encore à ce jour dans la liste de mes dix ouvrages qu'en cas de naufrage sur une île déserte j'emporterais avec moi, ou en cas d'apocalypse nucléaire comme c'est le plus probable en ces temps troublés. L'auteur originaire de Pennsylvanie avait 24 ans lorsqu'il écrivit ce chefs-d'oeuvres et les 70 maisons d'éditions américaines qui refusèrent son récit sont passés à coté d'un des ouvrages du XXeme siecle. On aurait pu être jaloux de ce talent précoce si le dit auteur ne s'était suicidé en 2005. Cette oeuvre fut parfois comparé à un autre chefs d'oeuvre de la littérature américaine, d'un autre jeune prodige, (suicidé lui aussi tiens, comme quoi, talent et dépression...) La conjuration des imbéciles de Kennedy Toole, qu'on ne présente plus (et que si vous ne l'avez pas encore ouvert c'est une honte). Bon alors l'histoire pourrait se résumer à ceci: si vous naissez intelligent à Ploucville où la population doit plafonner à 45 de QI et encore en cumulant les scores, vous êtes prodigieusement mal barré. Et c'est ce qui arrive au pauvre John, qui naît au fin fond d'une amérique raciste, homophobe et supertitieuse. Son père, mort dans un ridicule accident et sa mère happée par les harpies bigottes du village, ne peuvent guère l'aider à se forger une éducation, alors il se construira tout seul, envers et contre tous, cristalisant autour de lui toute la haine des paysans bornés qui l'entoure. Bien décidé à reconstruire la ferme familiale laissé à l'abandon, le jeune John va en voir de toute les couleurs, mais il sait se défendre, et je vous garantie que sa défense ne sera pas piqué des vers. Dans un style nerveux, sans aucun dialogue mais avec un humour féroce,l'auteur décrit comme personne ce ramassis de ploucs écrasés de chaleurs,  de poussière et de bêtise crasse, ceux là même que l'auteur a dû cotoyer et qui l'avait faire fuir pour se réfugier à Paris. Il dresse un roman foisonnant, féroce et terriblement humain qui colle à la peau longtemps après avoir été refermé. On dit que l'humour est la politesse du desespoir, ça ne s'est jamais autant vérifié qu'ici...

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 13:31

monographie-fred.jpgD'abord permettez-moi une petite minute midinette attention: Hiiiiiiiiiiii Freeeeeed! On t'aimes!Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! Freeeeeeed! T'es le meilleur! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!

Hum, hum merci! Non bande de tarés que vous êtes, je ne vais pas vous parler de Fred Astaire et encore moins du sympathique crétin d'Omar et Fred, je veux parler du moustachu génial, du créateur parmi les créateurs, le type qui fait rimer poésie et Bande Dessinée, l'homme qui prouve que oui la BD a sa place en tant que 9eme art, le grand, l'immense Fred! A l'occasion de la sortie chez Dargaud du livre Fred, histoire d'un conteur électrique, élément désormais indispensable pour tout fan de ce dessinateur dont je fais partis (ha bon?), je me dois de faire un focus pour ceux qui seraient passer à côté (les pauvres!). Pour ceux, donc, qui ne connaîtrait pas l'Oeuvre (oui pour Fred on met une majuscule à Oeuvre parfaitement!) de Fred, dans un sens je vous envie, car découvrir pour la première fois l'univers onirique de Fred équivaut à découvrir le paradis de la créativité. Fred c'est le papa de Philémon, jeune homme longiline en marinière bleu et blanche et son âne Anatole partis à recherche du "A" de l'Atlantique à la suite d'une rencontre saugrenue avec un vagadond farfelu répondant au nom de Barthélémy.  Les voilà partis dans un monde où des immenses mains se baladent dans un désert (le manu-manu) où un bouledog géant fume des cigares, où les zèbres servent de prisonsphilemon et où il faut se battre en duel contre des pianos sauvages. Univers onirique et poétique par excellence, l'univers de Fred se révèle tour à tour fascinant, mystérieux et dérangeant.  Connu pour la série de Philémon, Fred est également l'auteur de one-shot magnifiques tel que le très Kafkaiens Histoire du corbac aux baskets ou le gothique Petit cirque. Créateur acharné, il lui arrive même de bousculer le lecteur en lui proposant des planches se lisant dans n'importe quel sens (Simbadad le marin). Arrivé dans le monde de la BD dans les années 60, Fred a contribué avec d'autres grosses pointures comme Mandrika et Gotlib à faire entrer la BD dans le monde des adultes, jusque là "les illustrés" comme on les appelait à l'époque étaient en effet considéré comme des oeuvres mineurs tout juste destiné à amuser les enfants. Maintenant que la BD a acquis (durement) ses lettres de noblesse, Fred continue imperturbable, sourd aux nombreuses ovations et honneurs, à bouleverser ses lecteurs par ses univers inégalables. Allez pour la forme "HIIIIIIIIIIIIIIIII! FREEEEEEEED", courrez vous procurez Philémon si ce n'est déjà fait, que vous aimiez ou non la Bande Dessinée, vous ne pourrez rester de marbre face à sa créativité. Monsieur Fred, merci pour tout!l 9cca1e514739248ece0f92b073ca860e

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