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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 17:02

Oui alors Coben, parlons-en, il nous sort depuis 15 ans son thriller de l'année, polar de gare, qui se lisent comme ils s'oublient... Bon je suis mauvaise langue, Ne le dis à personne était assez honnête, intrigue rondement mené, et dénouement suffisament crédible pour que ça marche. Bon bah là avec Peur Noire c'est pas la cas... Voilà le contre exemple donc je voulais vous parler: en matière de polar, suffit pas de mettre un serial Killer pour faire un bon truc et ce roman en est la preuve. Soit un Héros (oui je mets un H majuscule parce que c'est le Héros couillu par excellence), beau intelligent, toujours une réplique ironique aux lèvres, surtout quand il a un pistolet collé dans les côtes ('tain le mec! moi ça serait plutôt "iiiiiiiiiih au secours! prenez mon frics que je n'ai pas et mon lapin nain mais laissez-moi tranquille", lui, super calme qui y va de sa petite remarque rigolote), donc, il est détective mais ça marche pas très bien, et voilà que son ex-femme arrive pour lui annoncer qu'il a un fils, qu'il est très malade, qu'il lui faut une greffe et que le seul donneur compatible a disparu... Et le donneur compatible, kikicé? Un serial Killer bien sûr! Un affreux tueur, qu'il faut retrouver parce que sinon le petit garçon il va mourrir! Non mais, arrêtez de rire! Je vous jure que c'est vrai cette intrigue, c'est pas moi qui ait trop bu...  C'est pas tant que je veuille forcément des intrigues crédibles, mais là, c'est un peu trop pour mes pauvres neurones! Je veux dire, je peux parfois leurs demander de la mettre en veilleuse mais là, au fur et à mesure que je lisais ce truc, je les sentais me menacer de se suicider... "Quoi? me hurlaient-ils, un SEUL donneur compatible et c'est un TUEUR?" oui ah bah ,c'est sûr que ça pouvait pas être un boulanger ou un huissier de justice, sinon ce serait pas drôle, à la limite, genre un cambrioleur en cavale pourquoi pas, mais un serial killer?" "Putain le mec, il est tout seul et il va réussir à le trouver alors que le tueur, il a le FBI au cul" continuaient-ils, quand ils ont commencé à hurler que ça commençait à bien faire le bras droit top canon, que Dennis Lehanne avait déjà fait ça avec plus de talent, j'avais déjà refermeé le livre. C'est tellement mauvais que j'ai laissé tomber à la moitié du bouquin. j'ignore donc si le Héros sans peur et sans reproche aura réussi à convaincre le serial killer de sauver son fils et le pire dans tout ça c'est qu'en plus, je m'en fous... Autant dire que du coup, un polar dont vous avez absolument rien à faire du dénouement,c'est un peu dommage non? Allez on dit un grand merci au lectivore pour vous avoir fait économiser 5,60euros...

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 16:04

Aujourd'hui, vous aurez droit à deux articles pour le prix d'un ("wééééééééééééééééééééé" crient mes trois lecteurs), car je vais parler d'un genre avec un exemple, et un contre-exemple comme dans les redactions de français qu'on vous obligeait à faire dans votre jeune temps, rappelez-vous ('insérez ici un soupir nostalgique'). Bref, je vais vous parlez ici du thème le plus éculée du polar, celui que quand t'as pas d'idée et que tu veux quand même écrire un truc, tu te dis "Tiens et si je mettais un...?" Un quoi? allez un petit effort... Un éléphant? (non), un extraterrestre? (non plus...), un mec à poil? (oui, ça peut avoir son intérêt mais non...), qui a dit un suppositoire? Non, voyons allons, vous savez, le tueur suprême, l'affreux vilain pas beau, qui exerce une fascination sans borne sur le lectorat et les spectateurs depuis qu'un type grisonnant enfermé dans une cage en verre s'est approché d'une jeune flic planqué dans la pénombre en sussurant "Bonjour Clarisse..." ah! Un vieux? Roooh mais c'est pas vrai! Un tueur en série voyons! Figure suprême de bons nombres de polar et thriller, rivalisant de perversion.. Alors je sais pas vous, mais alors moi, à la base ça me sort un peu par les trous de nez, cette figure récurrente.  C'est vrai quoi, on a l'impression que dès qu'un auteur veut vendre, il se jette à corps perdu sur ce genre de trucs. Et alors là, ça y va niveau tripes à l'air, tueur affreux pervers qui va tuer massacrer, balancer des indices aux flics (vous aurez forcément un bon vieux flic revenu de tout dans le lot avec lequel le tueur va jouer), vous avez le serial killer cannibal (Le silence des agneaux), le tueur d'enfant (Seul le silence et une bonne douzaine d'autres), le tueur de femmes (Les marécages et une bonne centaines d'autres), on a même le Serial Killer tueur de Serial Killer (Dexter), sans parler de toutes les séries télévisés et les films traitant de personnages très sympathiques ayant existé ou inventé pour le besoin de l'audimat... Un peu comme Barbie quoi, vous avez une base, puis après toutes ses déclinaisons possibles... Le genre est tellement usé, que les auteurs doivent en rajouter dans le glauque en espérant toucher un lectorat blasé... Je vous passe la sinistre andouille qui avait tenté de faire un thriller avec une association de Serial Killer, rien qu'à la lecture de la quatrième de couv', je me sentais moi même poussé des envies homicides, (notes aux prochains auteurs en panne d'inspiration que diriez-vous d'un serial killer qui tuent les mauvais auteurs? Comment? Un génocide vous dites?), le genre a laissé vivre un nombre incalculable de bouquins allant du très médiocres au franchement mauvais, mais parfois, pouvant donner quand même d'excellentes choses, comme les exemples cités plus haut ou celui dont je vais vous parler maintenant: Au delà du mal de Stevens, alors je sais, là encore dans la catégorie titre tout moisi, ça se pose là, d'autant qu'à la base, le bouquin s'appelle By reasons and insanity, avouez que ça a quand même plus de gueule. Paru de manière anonyme en 1979, ce bouquin fut confidentiel pendant de nombreuses années et totalement inédit en France avant d'être sorti de l'oubli par sa publication  en 2010 par Sonatine, (à qui on doit d'autres merveilles de romans noir stelles que Les visages et Seul le silence), voici donc sa sortie en poche (voyez comme je pense à mon lectorat nécessiteux). Ce polar, véritable pavé, se dévore aussi vite qu'une fesse dodue dans l'assiette d'Hannibal Lecter. Roman choral, l'auteur aborde l'intrigue par une multitude de points de vue, allant jusqu'à celui des victimes du tueur, ce qui rend ce roman encore plus poignant. Soit l'histoire d'un jeune garçon, enfant supposé d'un viol de sa mère.Cette dernière, après l'abandon par son mari violent, enfermera son fils dans sa maison et lui fera subir une torture sans nom, mélant terreur psychologique et torture physique. A 10ans, après une torture de trop, le jeune garçon tuera sa génitrice en la balançant dans un poële en fonte, après cela, curieusement, le jeune Thomas Bishop sera légerement perturbé. Enfermé dans un hopital psychiatrique, il cherchera à s'en évader afin de débarrasser la terre de la présence maléfique de la gent féminine... Pour cela, son cerveau malade entrevoit la possibilité de se faire passer pour mort en tuant un de ces codétenus. Et le voilà parti! Tandis que la police recherche un mort, le voici libre d'assouvir sa folie meurtrière. Le plus terrible dans ce livre est sans doute que les victimes ne sont jamais anonymes, l'auteur prend bien soin de nous les décrire, avec leurs failles, leurs joies et leurs attentes, ce qui rend d'autant plus difficile leurs disparitions, ce que jamais aucun auteurs n'avaient fait, réduisant les victimes à une liste qui s'allongent au fil des pages. Ce thriller regorge d'humanité, que ce soit les flics lancés à corps perdu sur une fausse piste, ou les élucubrations atroces du tueur en cavale, l'auteur nous donne à voir des hommes et des femmes, avec leurs failles et leurs courages, ajoutez à cela un remarquable sens du suspence et vous obtiendrez un des meilleurs polars que j'ai lu depuis des années. A se demander pourquoi il a fallu si longtemps aux éditeurs français pour le découvrir, alors que Coben sévit depuis des années... Je n'en dit pas trop de peur de vous gâcher le plaisir de la lecture, si ce n'est que la fin révèle une surprise mais chut! Vous le saurez en le lisant...

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 22:52

La vrai difficulté de cet article est de vous convaincre d'aller voir ce film en sachant qu'une fois que je vous aurais raconté le film, vous aurez aucune envie d'y aller... Hum! bon je me lance: c'est l'histoire d'une famille de déshérités qui vivent dans une maison au fin fond d'une campagne pourrie remplie d'authentiques et pathétiques ploucs,  dont le père est un dealer de meth notoire et qui vient de disparaître de la circulation non sans avoir laisser sa maison en guise de caution au juge d'instruction chargé de son procès. S'il ne se présente pas le jour de son jugement, sa famille, ses trois enfants et sa femme devenue folle vont se retrouver dehors... Voilà voilà, vous êtes toujours là? J'entends déjà les commentaires: "ouah c'est du Zola ton film..." 'Déjà que j'ai pas le moral, c'est pas pour aller voir la sinistrose sur grand écran", "ça a l'air drôle ton truc tiens!" oui bon, taisez vous donc et écoutez. J'adorerais vous dire que y'a de l'humour et qu'à la fin tout se passe bien mais en fait non... Mais si je vous dis que c'est quand même génial et que non, vous ne finirez pas avec le moral dans les chaussettes malgré le côté totalement desespéré de ce film?  Je ne saurais dire si c'est la performance de la jeune Jennifer Lawrence dans le rôle de Ree, la soeur courage bien décidée a sortir sa famille du gros tas de merde dans lequel son drogué de père les as mis, cette grande ado montée en graine, avec sur le visage la douceur tragique des gosses obligés de grandir trop vite, la manière de filmer de Debra Granik qui filme le quotidien le plus crasse en lui donnant une étrange beauté onirique, ou encore ces trognes de ploucs, tout droit sortis de Delivrance mais la méchanceté en moins, non je ne saurais dire ce qui fascine dans ce film, mais ça marche, on en sort à la fois secoué et heureux. Peut-être parce que finalement même au milieu du fumier, parfois, y'a des fleurs qui poussent, même s'il va falloir les extirper à coups de poings dans la gueule. A l'image de l'oncle de la jeune fille, héroïnomane, violent, imprévisible, mais finalement affreusement attachant. On est pas dans Princesse Sarah, y'aura pas de happy end, enfin pas dans le sens où on l'entends,  Ree restera dans sa fange,  mais le futur ne s'annonce pas si noir. Filmer les oubliés du rêve américain sans jamais tomber dans le misérabilisme, trouver de la poésie dans un tuyau d'arrosage oublié sur un gazon gris, trouver de la dignité dans l'humanité la plus merdique et filmer la violence sans voyeurisme, ce sont les paris réussis de la réalisatrice. Un très bon film noir, très noir, mais sans doute le meilleur depuis des années.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 13:31

monographie-fred.jpgD'abord permettez-moi une petite minute midinette attention: Hiiiiiiiiiiii Freeeeeed! On t'aimes!Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! Freeeeeeed! T'es le meilleur! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!

Hum, hum merci! Non bande de tarés que vous êtes, je ne vais pas vous parler de Fred Astaire et encore moins du sympathique crétin d'Omar et Fred, je veux parler du moustachu génial, du créateur parmi les créateurs, le type qui fait rimer poésie et Bande Dessinée, l'homme qui prouve que oui la BD a sa place en tant que 9eme art, le grand, l'immense Fred! A l'occasion de la sortie chez Dargaud du livre Fred, histoire d'un conteur électrique, élément désormais indispensable pour tout fan de ce dessinateur dont je fais partis (ha bon?), je me dois de faire un focus pour ceux qui seraient passer à côté (les pauvres!). Pour ceux, donc, qui ne connaîtrait pas l'Oeuvre (oui pour Fred on met une majuscule à Oeuvre parfaitement!) de Fred, dans un sens je vous envie, car découvrir pour la première fois l'univers onirique de Fred équivaut à découvrir le paradis de la créativité. Fred c'est le papa de Philémon, jeune homme longiline en marinière bleu et blanche et son âne Anatole partis à recherche du "A" de l'Atlantique à la suite d'une rencontre saugrenue avec un vagadond farfelu répondant au nom de Barthélémy.  Les voilà partis dans un monde où des immenses mains se baladent dans un désert (le manu-manu) où un bouledog géant fume des cigares, où les zèbres servent de prisonsphilemon et où il faut se battre en duel contre des pianos sauvages. Univers onirique et poétique par excellence, l'univers de Fred se révèle tour à tour fascinant, mystérieux et dérangeant.  Connu pour la série de Philémon, Fred est également l'auteur de one-shot magnifiques tel que le très Kafkaiens Histoire du corbac aux baskets ou le gothique Petit cirque. Créateur acharné, il lui arrive même de bousculer le lecteur en lui proposant des planches se lisant dans n'importe quel sens (Simbadad le marin). Arrivé dans le monde de la BD dans les années 60, Fred a contribué avec d'autres grosses pointures comme Mandrika et Gotlib à faire entrer la BD dans le monde des adultes, jusque là "les illustrés" comme on les appelait à l'époque étaient en effet considéré comme des oeuvres mineurs tout juste destiné à amuser les enfants. Maintenant que la BD a acquis (durement) ses lettres de noblesse, Fred continue imperturbable, sourd aux nombreuses ovations et honneurs, à bouleverser ses lecteurs par ses univers inégalables. Allez pour la forme "HIIIIIIIIIIIIIIIII! FREEEEEEEED", courrez vous procurez Philémon si ce n'est déjà fait, que vous aimiez ou non la Bande Dessinée, vous ne pourrez rester de marbre face à sa créativité. Monsieur Fred, merci pour tout!l 9cca1e514739248ece0f92b073ca860e

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 13:51

element r 001Du manga à la française... Oui ça laisse songeur... Jusqu'à maintenant les rares essais n'ont pas été franchement réussi, même si certain comme Pink Diary, montrait un réel talent graphique de la part de l'auteur à défaut d'un scénario transcendant. Et là malheureusement, que ce soit au niveau graphique et scénaristique, force est de constater que le manga à la française va devoir attendre un peu pour être pris au sérieux... Bon, je n'ai rien contre le manga, bien au contraire mais je n'ai jamais vraiment bien compris la raison qui pouvait pousser certains (jeunes) auteurs à tenter d'imiter le modèle nippon. S'en inspirer oui, pourquoi pas, ça donne souvent de très bonnes choses, Boulet ou Marini (directement inspiré dans ses premières oeuvres par Otomo) sont la preuve vivante que franco-belge et manga peut donner un cocktail détonnant pour peut qu'on soit capable de s'approprier l'influence sans pour autant la copier. Dans ce manga, malheureusement, ce n'est pas le cas... C'est du shônen, ni plus ni moins, ça ne renouvelle pas le genre dit de la-bonne-baston-et-le-jeune-super-nul-qui-va-devenir-super-fort, des jeunes femmes courtes vêtues dessiné en contre plongée pour avoir une vue magnifique sur les petites culottes (blanches forcément). Autant de clichés dans un seul manga ça fait un peu mal au yeux. On dirait que les auteurs ont absolument voulus coller au stéréotype du manga que toute personne ne connaissant pas le genre se met à résumer d'un air dogmatique "oui mais le manga c'est pas de la bd, et puis c'est juste de la baston avec des filles en petites culottes", ce genre de déclaration qui fait bondir tout amateur du genre, mais c'est pas avec ce type de manga qu'on va pouvoir prouver le contraire. Bon, les mecs, j'ai bien compris, vous vouliez vous éclater, faire votre manga à vous, soyons claire c'est sans doute pas le pire que j'ai lu en matière de shônen, mais comment dire? Bin justement rien, y'a rien, ni bon ni mauvais,. Ah ça! Vous avez bien avalé les trucs et astuces du manga , vous avez bien lu tout vos Naruto et pigé tout les codes graphiques de One piece, ok mais vous les recrachez tel quel, même pas digérés! Et puis graphiquement pardon, mais y'a des trucs qui donne envie au lecteur de vous renvoyer faire vos classes en cours d'anatomie parce que c'est vraiment pas brillant. Bizarre d'ailleurs car certaines planches sont tout à fait correct et d'autres, bin... On a l'impression que le dessinateur a  momontanément été remplacé par les élèves du cours de manga d'une MJC... C'est pas du boulot! C'est dans ces cas-là que j'ai une pensée émue pour pour les pauvres arbres qui ont servie à l'élaboration de ce truc, toutes ces forêts qu'on abat pour imprimer ces choses même pas bonnes, ça me désespère...element_R_1_centre.jpgelementR.gif

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:07

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mizuki-operation-mort.jpgShigeru Mizuki est un monstre sacré au Japon, connu pour sa série Kintaro le repoussant, vous trouvez des produits dérivés, des posters, des figurines et des expos sur son univers onirique à chaque coin de rue du pays du soleil levant. Aussi connu que Miyazaki, l'immense créateur des studios ghibli, Mizuki n'a curieusement pas réussi à traverser les frontières avec la même aisance que le dieu vivant du dessin animé. Il faut dire que son univers onirique et son dessin très particulier sont peut être un peu moins bien exportable. Car Mizuki a développé très tôt un goût immodéré pour les yokais, démons bien nippons qui peuplent l'imaginaire japonais depuis des siècles. Le prix d'Angoulême de 2008 pour son oeuvre Nononbâ a bien tenté de rectifier cette erreur mais force est de constater que encore aujourd'hui, l'univers bien particulier de Shigeru Mizuki continu encore de faire figure d'outsiders dans le monde du manga en France. Ça risque pas de changer avec Opération Mort, basé sur ses mémoires en tant que soldat lors de la seconde guerre Mondiale.  Point d'onirisme donc ici mais un quotidien affligeant. Rarement une oeuvre aura décrit avec autant d'aversion et d'horreur la réalité des soldats japonais engagés souvent contre leurs gré dans le conflit contre les américains. Nous voilà donc à suivre les tribulations d'une armée chargé de garder une île tropicale perdue au milieu de l'Océan. Des soldats ennemis, on ne verra pas grand chose car c'est plutôt l'ennui, la faim et le désoeuvrement qui aura raison de la plupart des jeunes soldats japonais. Entre la discipline absurde imposé par l'armée, la recherche de nourriture, le manque d'hygiène, la peur et les crocodiles (un soldat en fera d'ailleurs la mortelle expérience), rien ne leurs sera épargné. Bientôt, le gouvernement japonais sous l'égide de son empereur mégalo, décide de sacrifier cette petite faction dans un combat à mort contre l'ennemi américain. Mais la mort pour son pays et le sacrifice de soi au nom de l'empereur ne touchent pas ces soldats, très jeunes pour la plupart, supportant difficilement d'être traité comme du bétail. Shigeru Mizuki dresse là des portraits forts de soldats face à l'absurdité du combat, son style graphique, caricatural quant il s'agit des personnages, se révèle d'une superbe précision quand aux décors de cette île à la fois paradisiaque et infernale. Il montre aussi le désir de vivre de ces jeunes gens livrés à eux-mêmes, quand l'Histoire n'aura retenu de la guerre nippo-américaine que les kamikazes, fanatiques suicidaires, qui se jetaient sur les bateaux américains. L'auteur montre, lui, des hommes perdus, ne sachant plus pourquoi ils se battent, aux prises d'un quotidien trivial et atroce tout à la fois. La fin, apocalyptique, décrit la seule vrai bataille contre les américains, d'une boucherie sans nom et d'une absurdité qui fend le coeur. Personne n'en réchappera, pas même le lecteur. Comme dirait un certain Prévert "Quelle connerie la guerre". op-rationmort_04_gyokusaiBIS.jpg

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 13:33

Lorsqu'on prononce Dan Simmons on ne pense souvent qu'à une chose: Le cylcle d'Hypérion, l'équivalent de La recherche du temps perdu pour la littérature classique, l'Oeuvre qu'on se doit d'avoir lu, ou du moins en avoir entendu parler, l'oeuvre dont on se doit d'hocher la tête d'un air entendu lorsque quelqu'un l'aborde au détour d'une conversation. Bon en fait, moi, je fais parti de cette dernière catégorie, je hoche la tête d'un air entendu mais je n'ose pas dire qu'en fait j'ai l'ai toujours pas lu... (ouuuuuuuuh cri le public en colère) oui, je sais, c'est la honte mais quand je vois ce que ça représente pour la SF, j'hésite, je me dis que je vais passer à côté, que je vais pas comprendre, et qu'est-ce que je fais si j'aime pas, oserais-je l'avouer? Trop de pression vous comprenez? Du coup, je tournicote et au lieu de me lancer à corps perdu dans la bataille, je m'entraîne en lisant ses autres oeuvres, j'avais lu il y a quelque années L'echiquier du mal, et cette année lorsque je reçu le pavé qu'est Terreur, (un peu plus de 1000 pages tout de même) me suis dit que ça me ferais un bon entraînement.  Je m'y suis donc plongé, et c'est passionnant. Bon alors c'est vrai le titre, "Terreur" comme ça ça donne pas trop envie, ça fait un peu Stephen King au rabais, là on ne peut même pas accuser les éditeurs français d'avoir fait dans le titre racoleur pour attirer le challand comme ils font parfois, c'est la traduction littéral du titre en anglais "Terror", mais passons. En fait le Terreur désigne le bateau, peut être le vrai monstre de cette histoire, carcasse de bois et d'acier pris dans les glaces. A son bord, Sir Jonh Franklin et son équipage tentant vainement de survivre sur l'immensité glacé du pôle nord. Nous sommes au XIXeme siècle et à la suite d'un pari fou, la marine anglaise s'est mise en tête de trouver un chemin permettant de passer au travers du pôle, ouvrant ainsi un passage stratégique pour l'armée de sa majesté. Sir Jonh Franklin, vieux capitaine en fin de carrière est désigné pour cette tâche qui semble impossible. Et elle l'est en effet, car bientôt, son navire, le Terreur, et les trois autres à sa suite se retrouvent pris au piège d'un désert glacé. Voilà une centaine d'hommes au milieu du froid, les vivres qui manquent, aucune créature vivante à chasser, hormis une seule, énorme et insaisissable qui apparaît de temps à autre pour attaquer les navires, boulotter quelques marins et s'en retourner, sans que rien ni personne ne soit en mesure de l'arrêter.  Avant tout, ce qui est passionnant dans cet ouvrage, c'est la précision avec laquelle l'auteur décrit la vie sur les bateaux à la fin du XIXeme siècle, la dureté de l'existence dans cet enfer glacé, l'organisation qui se met en place pour survivre coûte que coûte. Dan Simmons prend le parti d'un roman choral, l'histoire est racontée selon différents points de vue, cette forme est d'une efficacité redoutable lorsqu'elle est bien maitrisée et c'est le cas ici, l'intrigue n'en ai que plus fascinante et moi, bien au chaud sous ma couette, je tremblais de peur et d'effroi pour ces pauvres êtres livrés à eux mêmes. Le fantastique qui arrive par le biais de cette créature géante qui s'attaque aux marins est distillé avec parcimonie et semble plus être un pretexte pour décrire avec plus de détails les liens qui unissent les personnages. Le roman bascule tout de même de plus en plus vers le fantastique barque à la fin mais sans jamais tomber dans le grand guignol. Une grande réussite que nous sers là Simmons, qui peut s'adresser autant aux fanas de fantastique qu'aux amateurs de récit de voyage tel que L'odyssée de l'Endurance et autres récits maritimes. Décidemment ce M. Simmons me paraît être un grand bonhomme, n'en jetez plus, je vais m'y mettre à Hypérion!

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 13:42

La littérature jeunesse recelle le beaucoup de surprises, des moins bonnes (la chose commise par une certaine Meyer et ses vampires tout droit sortis d'un barbara Cartland au rabais) des très étranges (le très trash et baroque Rouge sang de Burgess dont je ferais peut être un article un de ces quatre), des culculapralinettes (vous avez déjà essayé d'ouvrir un des ouvrages pondu sur le thème de Charlotte aux fraises? ça rendrait diabétique un bisounours) des petits bijoux d'inventivité et de fraîcheur (Bachelet, Boutavant, Gastaud, soyez benis), bref, quand je dis qu'il y a de tout c'est pas juste histoire de causer. Faut dire que comme c'est une littérature qui englobe des âges qui vont de 0 à 18ans, forcément y'a de quoi faire. Aujourd'hui je vais vous parler d'un livres qui rentre à la fois dans la catégorie des très étranges et des bijoux d'inventivité, je veux parler de La voie du couteau de Patrick Ness, premier volume d'une trilogie prometteuse. Bon autant le dire tout de suite, cette série s'adresse aux enfants qui ont déjà bien grandis, car elle se caractérise par une noirceur rarement atteinte dans une série pour ados. Mais l'inventivité de la langue de Patrick Ness et son sens du rythme rend ce premier tome fascinant. L'histoire se passe sur une planète colonisée par les humains mais qui semble mourir peu à peu, dans le village du héros, le jeune Todd 13ans. Les femmes ont toutes disparues, terrassées par une maladie appelée le bruit. Cette maladie fait en sorte que tout le monde, humain comme animaux, perçoivent les pensées des autres, ce qui fait que les hommes du village sont plongés en permanence dans un brouhaha de pensées diverses sans jamais trouver le silence. A l'aube de ses 14 ans, âge qui doit faire de lui un adulte, l'homme qui a élevé  Todd, lui confie un secret, le journal intime de sa mère, morte à sa naissance, quand la maladie a commencé à frapper, et lui demande de fuir son village le plus vite possible car quelque chose d'horrible va lui arriver s'il reste. Alors Todd s'enfuie, accompagné de son chien Toby, avec sur ses talons, l'inquiétant Aaron, le prêtre du village bien décidé à faire de lui un homme. L'auteur prend le partie de raconter l'histoire via les yeux du jeune Todd, personnage frustre et sans éducation qui va peu à peu évoluer et s'humaniser. Dès le début de l'histoire, nous sommes nous mêmes confrontés au bruits, via des mots lancés sans queue ni tête dans la page. Cette course poursuite infernale est soutenue par un sens du suspense impressionnant. C'est une oeuvre ambitieuse que Patrick Ness propose à son lectorat, pas sûr que tous les adolescents adhèrent à cette oeuvre qui demande un petit temps d'adaptation, mais l'auteur prouve ainsi qu'on peut offrir une oeuvre divertissante sans pour autant prendre les enfants pour des cons. Ne croyez surtout pas que cette oeuvre ne s'adresse qu'aux ados, je pense que ce livre ne déparellerait pas dans une bonne bibliothèque de SF coincé entre Bradbury et Moorcok. Du grand art, espérons que la suite sera à l'avenant!

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 13:32

Far West au début du XX eme siècle, dans ce décors digne des plus grand westens, ne vous attendez pas à voir un duel au soleil suintant de sueur et de virilité. De la virilité, vous en aurez, certes, de la caricature de virilité et de machisme à l'image du personnage principal, Phil, cow boy mal rasé, mal lavé qui ne supporte que la présence d'hommes, de vrais, et surtout pas de ces femmelles stupides qui froufroutent dans la ville situé non loin du ranch dont il s'occupe avec son frère, le fallot et insipide Georges, petit bonhomme rougeaud, suintant de lâcheté mais qui au fond de lui cache une gentillesse inégalée qui le poussera à épouser une jeune veuve sans ressource. Rose, la dite veuve, déjà mère d'un garçon d'une quinzaine d'année. Lorsqu'elle débarque au ranch, Phil déclenche une guerre ouverte contre cette intrigante qu'il soupçonne de vouloir s'accaparer leurs fortune. De manière insidueuse et perverse, il va peu à peu pousser la jeune femme dans ses retranchements. Rose, n'arrivant pas à comprendre l'hostilité de Phil et ne sachant comment seen défendre s'enfonce peu à peu dans la dépression et l'alcoolisme.

C'est un huit clos savamment orchestré que nous offre Tom Savage dans ce roman, dans la grandeur et la majesté du paysage, l'emprisonnement et la détresse de Rose se fait d'autant plus ressentir. Et puis, il y a Phil, que l'auteur nous fait tour à tour haïr et admirer, tellement droit dans ces bottes qu"il n'hésite pas à se mettre à dos les autres propriétaires terriens, mais tellement macho, qu'il ne voit les femmes que comme des dangers potentiels, tour à tour machiavélique et pathétique, rarement personnage de roman n'aura paru si vivant et affreusement humain. La fin laisse un goût amer, un sentiment de profond malaise et on ne peut s'empêcher d'admirer la maîtrise de Tom Savage qui sait comme personne dresser des personnages d'une complexité ingalée.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 14:01

L'autre moitié du soleil, c'est le drapeau Biafrai, représentant pour cette population du sud-est du Nigéria des années 70, un rêve d'avenir et d'indépendance qui la fera peu à peu plonger dans une guerre civile qui laissera le pays exsangue. L'autre moitié du soleil c'est aussi le titre de cette superbe fresque de Ngozi Adichie, auteure nigériane, qui, avec toute sa verve romanesque et sa poésie qui transpire même au milieu de l'horreur, offre un superbe roman nous éclairant sur ce conflit peu connu dans nos contrées. Par un récit qui décrit tour à tour trois période, l'avant, le pendant et l'après de la guerre. On suit le destin de deux soeurs, Olanna, l'idéaliste qui suit son professeur de mari, grand indépendantiste, dans sa bataille pour l'indépendance que l'on sait perdu d'avance et verra peu à peu s'effondrer ses idéaux. Kainene, plus cynique et réaliste s'amourache quant à elle, d'un journaliste anglais venu pour la naissance de ce  nouveau pays et qui finira par couvrir ce qui se transforme peu à peu en un conflit sanglant. Le récit est entrecoupé d'extrait d'un documentaire "Le monde s'est tu pendant que nous mourrions", qui remet cette histoire dans son contexte politique et sociologique et offre un témoignage éclairant sur les tenants et les aboutissants de ce conflit qui fera des milliers de victimes. La fibre romanesque qui parcoure ce récit contrebalance sa dureté extrême et permet au lecteur d'apréhender toute l'horreur de cette guerre sans jamais tomber dans le misérabilisme, ni la violence complaisante. C'est dur, âpre et terrifiant mais c'est aussi superbe, un grand roman qui vous colle à la peau longtemps après l'avoir reposé, une grande claque en travers de la figure et un grand moment de littérature. En renfermant ces pages, il ne peut y avoir que la phrase tirée de Macbeth pour décrire le sentiment qui nous étreint "Une histoire pleine de bruit et de fureur, dite par un fou et que personne n'écoute".

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