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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 10:49

34442010.giftamaradrewecouv-3Ah bah c'est pas trop tôt bon sang de bois! (Oui je commence mon article en râlant, je suis comme ça moi) 4 ans! 4ans que les excellentes BD de Posy Simmonds étaient en réimpressions, ils auront mis le temps chez Denoël! Donc aujourd'hui, vous n'avez plus d'excuse pour ne pas découvrir l'univers caustique et délicat de cette excellente dessinatrice de BD anglaise. Son nom ne vous dis peut-être rien mais si je vous parle du mini short de Tamara... A défaut d'avoir vu le film de Frears (excellent soit dit en passant) vous avez sans doute, pour les lecteurs mâles les plus hétéros du moins, dû vous arrêtez un peu devant l'affiche mettant en scène cette superbe brunette:tamara-drewe-tamara-drewe-2010-1-g 

Les autres (comme moi en l'occurrence) auront sans doute pensé comme un des narrateurs de cette histoire, la débonnaire et cocue Beth Hardiman  "Bon sang elle va se taper une de ces mycoses avec un short pareil!". Donc, au moins, vous voyez vaguement de quoi je veux parler. Posy Simmonds est anglaise et n'a pas son pareil pour dresser des portraits à la fois grinçants et tendres, avec un humour des plus pinces-sans-rires (anglais quoi). Elle crée des personnages complexes et complexés, à l'instar de la fameuse Tamara Drewe, croqueuse d'homme mais cherchant par dessus tout à être heureuse tout en semant la discorde, pas méchante au fond, mais totalement paumé malgré son apparente assurance, ou encore le narrateur de son autre oeuvre éponyme Gemma Bovery, le gros et sympathique Raymond Joubert, boulanger de son état et fasciné par cette jeune anglaise au nom si évocateur, persuadé qu'elle va suivre le funeste destin de l'héroïne avec qui elle partage le nom. L'univers de Posy Simmonds se passe essentiellement dans la campagne, anglaise pour Tamara et française pour Gemma. C'est dans cette ambiance calme et feutrée que se nouent les drames, les mesquineries et les racontars. L'auteure dresse des portraits superbes d'une galerie de  personnages tour à tour pathétiques et touchants,  ils forment  tous des héros profondément humains, tout en névroses, en questionnements et en drôleries. Caustique je le disais mais pas seulement, Posy Simmonds nous rends ses héros très touchants car profondément proches de nous, à la fois dans leurs mesquineries mais aussi dans leurs gentillesse non feintes. A mi-chemin entre le roman, (il y a de nombreux passages écrits) et la bande dessinée, avec un trait fin et élégant, l'auteure a imposé son style unique dans le paysage du 9 eme art et est en passe de devenir un classique (enfin tant que Denoël le réédite régulièrement...).

tamara_pl_20081022_79184.jpg

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 11:55

vinland-001.jpgAh la belle série que voilà! Oui je sais, pour ceux qui conaissent, vous allez me dire que ça sent un peu la naphtaline mon truc, vu que ça date déjà de 2009, et qu'au regard du monde de l'édition, surtout celle du manga et de ses 30 et quelques nouveautés par semaine, autant dire que ça date de mathusalem. C'est vrai, mais je vous rappelerais que les bonnes choses, ça ne se démode pas et qu'on ne parle pas assez de cette excellente mangaka qu'est Makoto Yukimura, de ses personnages complexes, de ses dessins précis et de son sens du rythme qui fait d'elle une exceptionnelle raconteuse d'histoire. En plus comme je ne peux pas parler de son autre et géniale série "Planètes" vu que le premier tome est épuisé (merci qui? Merci panini! je me demande si je ne préférais pas quand ils se contentaient d'éditer des vignettes autocollantes...), je me sens donc obligé de faire un petit focus sur cette saga du grand nord. Parce que oui, si vous ne en doutiez pas, cette série se passe dans le XI e siècle après Jésus Christ, en plein milieu de la nation viking. Les guerres de territoire font rages entre le Normann et le royaume franc, le catholicisme commence peu à peu à convertir de plus en plus d'adeptes et les différents rois se tirent la bourre pour obtenir les pleins pouvoirs. Bref un joyeux bordel! Dans les multiples factions qui composent ces batailles, nous allons nous retrouver au sein de la terrible bande d'Askelaad, mercenaire cynique et sanguinaire, et plus précisément aux côtés du jeune Thorfinn  qui sert de bouclier et qu'on envoie au casse-pipe en premier pour ouvrir la marche. Et il sait s'y prendre le coco, mutique et froid comme les lames qu'il manie à la perfection, c'est un guerrier hors pair et sans merci. Mais Thorfir n'est pas là pour la gloire ou l'or, il n'a qu'une idée en tête: tuer Askelaad pour accomplir sa vengeance, ce dernier ayant tué son père lors d'un duel. Encore une histoire de vengeance, me direz-vous? Non mais là, je ne vous ai donné que les prémices de l'histoire mes chers amis et croyez moi, ce qui commençait comme une histoire assez banale va s'étoffer, aller dans les arcanes du pouvoir sans oublier pour autant les combats épiques et la vie des vikings. Mais surtout, la grande force de l'auteur, ce sont ses personnages, travaillés, complexes, tour à tour monstrueux et humains, on finit par s'attacher à leur vie et à dire vrai, ça faisait depuis Le trône de fer, que je n'avait pas vu des personnages aussi travaillés. Le plus impressionnant de ces personnages étant le fameux Askelaad, cynique, violent mais également d'une étrange droiture, on ne peut qu'être fasciné par cet anti-héros complexe. Le jeune Thorfinn est également bien complexe,  son évolution sera plus lente mais apportera un rebondissement final très inattendu. D'autre personnages aussi passionnants rentreront dans la danse au fur et à mesure des tomes, notamment le jeune Knut, prince héritier fragile et naïf, qui devra faire de sacrées atteintes à la morale pour obtenir le pouvoir... La série est terminé et fait 10 tomes, ça a l'avantage que vous n'aurez pas à vous rongez les ongles en attendant de savoir la fin mais par contre, vous le constaterez sans doute comme moi,  10 tomes c'est sacrément court pour une histoire pareille et qu'on aurait bien voulu continuer l'aventure 10 tomes de plus.

 

Erratum: On me souffle à l'oreille qu'en réalité un 11eme tome serait en préparation, j'en trépigne d'avance...

 

 

 

 

 

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:31

Couv 75839Y'a des mecs qui savent dessiner, qui ,en deux coups de cuillères à pot, te font baver d'envie et de haine face à leur talent, y'a des mecs qui savent faire des p... de découpages de planches, qui arrivent à rendre le récit à la fois palpitant et lisible, que tu admires parce qu'ils savent te rendre accrocs, y'a des mecs qui savent te pondre un scénario qui tient la route avec des rebondissements de oufs et des personnages travaillés, et puis y'a les mecs qui savent faire tout ça en même temps et ceux là tu les déteste au plus haut point parce que être talentueux à ce point là c'est pas juste... En vrac, y'a Fred (à qui je voue un culte particulier), Emile Bravo, Boulet, et puis maintenant, je me dois de rajouter Florent Maudoux, parce que, les copains c'est pas pour dire, mais ce gars il envoie du lourd (certains mauvais coucheurs me diront "Maaaaiiiis... (les mauvais coucheurs aiment bien bêler)" t'as oublié Loisel! Bilal..." et j'en passe, oui mais les amis, c'est MON blog alors c'est MOI qui décide),  Ce Florent Maudoux disais-je avant d'être interrompu par des parenthèses inoportunes, est un sacré auteur! Son dessin, déjà: enfin un type capable d'intégrer les codes mangas et les fusionner avec art et talent au style franco belge et qui prouve que ça peut marcher du tonnerre, c'est pas qu'il maîtrise le mec, il est la maîtrise même; le dessin, qu'il soit en couleur ou en noir et blanc est d'une précision exceptionnelle. Je parlais également du cadrage, cinématographique le cadrage de ses bds! Surtout dans les scènes d'actions (et il y'en a beaucoup dans cette série) c'est un véritable régal, pas de perte de rythme, pas de temps mort et une lisibilité parfaite. Quand au scénario et aux personnages, mazette, fallait les inventer! Le spitch en deux mot, c'est la rentrée des classes à la Freak squeele academy, academy de supers-héros de seconde zone, nous suivrons dans cette étrange école, les pérégrinations de Xiong Mao, jeune italo-chinoise, aux multiples talents, Chance, grande gigue cornus gaffeuse comme pas deux mais à l'intelligence bien plus affutée qu'on ne pourrait le douter au premier abord et Ombre, un loup-garou massif et adepte des peluches. Ca bien sûr c'est que le début, et admettons-le, le premier tome est somme toute assez basique dans son histoire, mais dès qu'on arrive au deuxième tome, là accrochez-vous car les personnages, très caricaturaux au début, vont gagner en épaisseur et le scénario s'étoffer grandement et il y a des trucs pas net du tout dans cette école je vous prie de le croire. A la fois drôle et très référencé (les amateurs de série B, de comics et de manga apprécieront), le scénario se complexifie au fil des tomes sans perdre de sa clarté pour autant. Que vous dire de plus? Non rien, c'est juste vachement bien et ça fait du bien de lire du bon fantastique qui tient la route, chapeau M'sieur Maudoux! Seule ombre au tableau, que la maison d'édition (pour de basse raison mercantile avouons-le) se sont mis à éditer des éditions couleurs qui reprennent la première édition noir et blanc mais bien entendu; plus court au niveau page, histoire de bien faire dépenser  les gogos! En gros, pour une édition noir et blanc, il faut en acheter trois en couleur pour avoir le tome complet, c'est assez bas comme technique et ça m'agace sacrément. Un conseil donc: contentez vous de la première édition en noir et blanc, vous aurez quand même la possibilité de voir de très belles pages couleurs à l'intérieur, vu que certains chapitres sont colorisés et ça vous reviendra moins cher.

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 11:38

75441626.jpgOn est dans le caca les enfants! Désolé, je ne vois pas quoi vous dire d'autre après la lecture de ce formidable pavé sur le réchauffement climatique. Encore un me direz-vous? Oui mais quel pavé! En fait je vous dirais que si vous ne deviez lire qu'un seul ouvrage sur ce sujet, c'est celui-là. Ce roman graphique fait la somme des connaissances que l'on a, à l'heure actuelle, dresse le bilan (catastrophique), et nous présente un futur assez terrible. Mais là où d'autre se mettraient à crier "RAAAAH BOUGEZ VOUS ON VA TOUS CREVER!!!!" Squarzoni se contente de mettre à jour les incertitudes quant à notre avenir terrestre, comment la terre va t-elle evolué? Quelles sont les conséquences de ce réchauffement généralisé sur 10 ans, 50 ans , 1 siècle, 2? Et met à jour des débats passionnants: comment concilier vie moderne et respect de l'environnement? L'amélioration du niveau de vie peut-il être compatible avec l'écologie? L'auteur nous met face à nos propres contradictions, en n'épargnant pas les siennes au passage, oui tout le monde s'accorde à dire que l'on doit faire quelque chose pour la planète et vite, mais personne ne veut pour autant renoncer au confort de notre vie moderne, en même temps en quoi la régression serait-elle un progrès? Tant de quesions auxquelles l'auteur répond avec pragmatisme et pédagogie. Des efforts personnels doivent être mis en place bien sûr, mais c'est une goutte d'eau tant que les politiques ne réagissent pas de manière commune. Squarzoni interroge de nombreux scientifiques, de nombreux acteurs dans la recherche sur le réchauffement mais aussi des sociologues, des économistes, des spécialistes du nucléaire ou des énergies renouvelables: tout est passé au crible pour donner une vision complète et sans concession. Sans pour autant verser dans l'alarmisme, cette BD est une excellente enquête, fouillée, intelligente, mature, le genre d'oeuvre à conseiller à tout le monde car la pédagogie de l'auteur rend l'ouvrage accessible à tous sans pour autant tomber dans le simplisme. Une oeuvre obligatoire, majeure et indispensable! Oui, vraiment les copains! Ne fut-ce que pour se rendre compte de la poudrière que nous allons laisser aux générations futures, et quand on sait nos politiques ne sont pas foutus de faire front commun face à la catastrophe imminente, ça fait froid dans le dos! Les solutions existent, l'auteur nous le prouve mais comme il le résume si bien: "le fait qu'il existe une porte de sortie ne veut pas forcément dire que l'on va la prendre".

 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 11:21

ed4de4b7.jpgAlors non déjà c'est pas une biographie sur l'illustre président américain, ni la version bd du formidable navet filmique qui vient de sortir il y a peu, où de lamentables crétins ont crus qu'en mettant un président américain avec des vampires ça ferait un bon film, en fait non. Mais alors de quoi cela parle me direz-vous? Et bien ça parle de Lincoln, cow boy râleur, cynique et au caractère de cochon, en fait il s'appelle pas vraiment comme ça, mais son véritable nom, il l'a jamais su, vu que sa mère, une prostituée ivrogne est morte à sa naissance, mais il s'est donné cette appelation parce que "Si j'ai choisi Lincoln c'est parce que celui-là quand il l'ouvrait, ils devaient tous la fermer autour de lui". Donc c'est l'histoire de cet anti-héros qui rencontre dieu au détour d'un chemin. Alors attention, pas le dieu de Raphaël, pas le Dieu magnifique et vengeur, pas le buisson ardent de Moïse hein, non, dieu ici, c'est un petit bonhomme barbu et débonnaire, coiffé d'un sombréro et portant le poncho. Dieu se demande pourquoi Lincoln est de si mauvais poil, ce à quoi notre cher Lincoln lui répondra : "Je fais la gueule parce que tu m'as laissé la liberté de le faire et je rajouterai que tu m'as aussi laissé la liberté de considérer toute ta création comme une vaste fumisterie qui ne me procure aucun plaisir". Dieu trouve ça plutôt marrant, et lui propose l'immortalité afin qu'il ait tout le loisir de lui prouver que le monde est beau. Voilà donc Lincoln immortel, flanqué d'un petit dieu qui n'a visiblement rien d'autre à foutre et qui tente (vaguement) de le mettre dans le droit chemin. Mais comme ce dernier dira à Satan qui passait dans le coin par hasard et à qui il va taper cent balles:"Je me demande si je suis pas en train de faire une grosse connerie là...". Suivre les aventures iconoclates et à l'humour bien noir de Lincoln est un véritable régal. Tour à tour cynique, violent et pervers Lincoln est un des plus géniaux anti-héros de ces dix dernières années. Le dieu et le diable qui se tirent la bourre pour obtenir les faveurs de ce malotru ne sont pas en reste en ce qui concerne l'humour douteux et c'est pas pour nous déplaire. Le tout servi par un dessin dynamique et une mise en couleur bien sentie. Le 7eme tome venant de sortir, je ne peux que vous conseillez de sauter sur l'occasion pour découvrir les aventures de ce cow boy qui voudrait qu'on le laisse être un poor lonesome cow boy mais à qui on ne lâchera jamais la grappe cinq minutes.

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 12:21

jaworski_gagner_la_guerre.jpgVacanciers qui me lisez (d'ailleurs que faites vous à scruter internet alors qu'il fait un temps magnifique dehors? Z'avez pas honte?), sachez que je vous envie, pas seulement parce que j'ai repris le travail (même si je vous déteste secrètement pour ça) mais surtout parce que je vous ai trouvé LE livre à lire en vacances. Alors je sais, souvent la définition d'un livre de vacances c'est "Livre-pas-prise-de-tête-facile-à-lire-dépaysant-et-qui-ne-prenne-pas-de-place-dans-les-bagages", alors forcément, moi avec mon pavé de 1000 pages qui traite des arcanes du pouvoir et de la façon dont on peut arriver à ses fins par des moyens sacrément immoraux, je ne réponds pas vraiment à la définition. Et pourtant, croyez-moi, ça vaut le coup de se trimbaler ce gros machin dans son sac (ne fût ce que pour le balancer dans la tronche d'un importun des vacances en voulant à votre porte-monnaie/vertue/téléphone/vie). En fait si je le présente comme un livre de vacances, c'est surtout qu'une fois le nez dedans, vous allez y passer vos journées, du coup si vous le faites en bossant, je risque de porter un coup à la productivité et on a vraiment pas besoin de ça en ce moment... Gagner la guerre, c'est comme si Dumas et G.R.R Martin avaient fusionnés pour écrire ce roman, un petit bijou épique et passionnant. Une superbe aventure de cape et d'épée, avec moults rebondissements et coups fourrés qui se dévore entre deux rires jubilatoires. Attention, si je dis que ça ressemble à Dumas c'est surtout pour le côté feuilleton du roman, pour les personnages, faudra plutôt chercher du côté des personnages cyniques et désabusés des héros du Trône de fer , car dans la catégorie crapules, on a rarement fait mieux. Prenez le narrateur, Benevenuto Bucephale, tueur à la solde du Podestat, sorte de président de la grande et terrible Ciudalia ("La garce en jupon de pierre" comme l'appelle Benevenuto), vous ne verrez pas une once de sentiments nobles dans sa carcasse cabossé, parfois un vague remord peut-être et encore, quand il est envoyé pour se débarrasser des éventuels rivaux de son maître. Quant au Podestat! Chafouin comme pas deux, prévoyant toujours deux coups d'avance sur ses adversaires, (aussi pourris et retors que lui soit dit en passant). A coups d'estoc, de coups fourrés et de magouilles (avec toujours Benevenuto en première ligne), vous allez assister à la lente prise de pouvoir de ce mystérieux personnage. Le tout est raconté avec une gouaille savoureuse par le narrateur, à la fois acteur et témoin involontaire de cette ascension. A travers son récit, nous découvrons aussi le monde qui l'entoure, l'histoire de cette étrange contrée à la fois si proche et si différente de la nôtre.  Comme dans tout bon roman de fantasy, il y a de la magie aussi. Mais ne vous attendez pas à trouver des vieillards habillés en blanc se battant contre des dragons à coups de "VOUS NE PASSEREZ PAS", ou de petits sorciers malingres qui lancent des sorts à coups de baguette magique en couinant des mots rigolos. Non c'est bien plus subtil que ça: la magie de ce monde là est bien plus insidueuse et tordue, un peu comme les protagnonistes de cette histoire en fait, elle utilise la porte de service et bien malin celui qui pourra la déceler. D'ailleurs notre héros en fera les frais plus d'une fois. Il y a des elfes et des nains aussi, mais là aussi c'est pareil, ils sont fondus dans le décors. Tout cela donne un roman passionnant, épique, parfois drôle, surtout quand le narrateur apostrophe son lectorat, passionnant, cynique et affreux mais terriblement attachant, comme son héros. Un grand roman dans la veine des romans d'aventure du XIXeme siècle, le côté fantastique en plus et l'héroïsme en moins.

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 17:44

krrpk-couv-web.jpgAmis du bon goût, de l'humour fin, des mots d'esprits, des spiritualités d'Oscar Wilde et l'humour délicat de Woody Allen, passez votre chemin, cet ouvrage n'est pas pour vous! Par contre les fans de l'affreux Ultimex et autres amateurs d'humour bien trashos,  vous savez, celui qui crisse un peu sous les dents (mais c'est ça qu'est bon), ça risque de vous interressez. Voici les aventures de Krrpk, (me demandez pas comment ça se prononce, je sais pas et je sens que ça va provoquer quelques fous rires et quelques postillons aux caisses des librairies), extraterrestre de son état et envoyé sur la planète Grokos, grosse planète où toutes les espèces de la galaxie semblent être réunie pour créer le plus gros lupanar de l'univers, pour la conquérir. Bon, il se fait piquer son argent dès le premier jour par un quidam peu scrupuleux alors ça va pas être facile,mais c'est pas grave il peut toujours payer en nature sa logeuse "Un machin vieux tout moche et qui sent pas bon", mais qui réalise des pornos amateurs avec plein d'accessoires pour tout orifices existants. Dommage que krrpk ne se reproduise que par parthonogénèse, du coup pour lui, le sexe hein... Pour trouver de l'argent, il peut aussi se faire mendiant, ça consiste à se faire cracher dessus par des Grokos, voire recevoir du vomis pour les plus délicats, mais c'est pas grave car comme lui explique son compagnon d'infortune, il suffit d'ouvrir grand la bouche comme ça tu lui recraches à la gueule direct et puis c'est bien aussi si t'as un peu faim. Sorte de mélange dégénéré de Douglas Adams et de Vuillemin, cette petite bd est un régal d'humour cradoc et méchant. Ne vous fiez surtout pas au dessin rond et choupi de l'auteur, c'est pour mieux vous embrouillez. Donc si vous aimez l'humour crado et le politiquement très incorrect, ce livre est fait pour vous. Sachez que l'auteur à dejà publié quelques planches sur son site, ça vous donnera une petite idée du machin.

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 12:04

La-Geste-Aglae-Anne-Simon.jpgBon ça y'est j'ai déversé mon fiel je peux passer aux auteures qui font de la VRAI bd. Donc, je vais vous parler de "La geste d'Aglaé", petit bijou trouvé au fin fond d'une étagère de librairie, bouquin qui ne paye vraiment pas de mine avec dessin noir et blanc rappelant vaguement David B., histoire d'apprence simple, je n'étais pas très chaud pour en commencer la lecture. Mais je me suis dis "Faut soutenir c'est de l'indé et bla, bla (insérez ici une phrase assassine à propos des grands groupes d'éditions coupables de tous les accouplements contre nature du moment que ça fait vendre)", bref je l'ai pris mais sans beaucoup de conviction et je l'ai lu... Et bien mes amis quel choc! Car la geste d'Aglaé est un conte cruel et magnifique, un portrait de femme toujours à la limite entre la passion et la folie. Aglaé est une nymphe des eaux. Lassée de son destin consistant surtout à se coiffer, se mirer dans l'eau et surtout rester pure pour le mariage,Aglaé ne va rien trouver de mieux à faire que de tomber enceinte, engrossé par un siren (oui enfin le masculin de sirène vous m'avez compris) et s'empresser de quitter sa rivière pour élever seule l'enfant à venir. Ne croyez pas que la situation la désole, au contraire Aglaé est très heureuse comme cela, après tout a-t-on vraiment besoin des hommes? pense t-elle. La voilà partie, son gros ventre sous le bras. Elle arrive alors dans un pays qui est sous le joug d'un terrible tyran misogyne:toute femme enceinte non mariée est condamnée à mort! Aglaé se réfugie dans un cirque où le patron, un chat fumeur et débonnaire se propose de l'épouser et de reconnaître ses enfants pour lui éviter le pire. Aglaé accepte mais n'a pas dit son dernier mot, très vite elle trouvera le moyen de se débarasser du tyran et de devenir reine. Sans dévoiler toute l'histoire, sachez que cette petite histoire contient de nombreux rebondissements et le dénouementtrès sombre est très inattendu. Derrière cette fable ou plutôt cette "Geste", Anne Simon dresse un portrait d'une femme libre mais qui payera le prix fort de son désir d'indépendance. Les hommes ne sont que de simples jouets sexuels mis à sa disposition et le pouvoir comporte aussi sa part d'abîme, Aglaé  en fera la triste expérience. L'auteure pose la question des limites de la volonté d'indépendance:à force d'être libre, ne finissons nous pas par être seul? Est-ce le prix de la liberté? Aglaé traite les hommes comme certains mâles traitent les femmes, est-ce moins grave pour une femme? Les réponses se trouvent peut-être dans le personnage de la secrétaire de la Reine Aglaé, qui assiste de façon froide et posée à la longue déchéance de cette femme qu'elle admirait pour sa force. Le vrai féminisme est sans doute là, nous dit l'auteure, non dans le combat égoïste pour vivre ses passions aux détriments des envies des autres mais plutôt dans la réforme des pensées et les actes réfléchis. Bref, cet ouvrage nous interpelle sur beaucoup de points, apporte une réflexion philosophique sur la place de la femme dans la société. Loin d'être une féministe castratrice, l'auteure se moque ainsi de l'extrêmisme de certain mouvement des femmes qui en oublie parfois que la liberté de la femme ne signifie pas l'aliénation de l'homme. Bref une fable très noire mais profondément intelligente. 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 11:38

confessions-d-une-glitter-addict-diglee_6.jpgRaaah, une bonne petite critique incendiaire! Ca faisait longtemps, ça me manquait! Non mais y'en a marre de faire l'éloge de mecs et de femmes exceptionnels aux talents multiples, de devoir se dire que bon sang mais jamais on arrivera à l'ombre de leurs gros orteils, même quand ils ne font pas dans le meilleur d'eux-mêmes, bref y'a tout plein d'auteurs talentueux sur cette planète, pourquoi m'obstinerais-je à m'occuper du cas de cette chère Diglee, qui en soit à part être responsable de l'arrachage de malheureux arbres pour imprimer son... truc (désolé je peux pas dire livre le terme me paraît un peu trop élogieux pour parler de ce que produit la demoiselle), qui d'apparence ne fait pas grand chose d'autre que de raconter son quotidien (inintéressant) et ses goûts pour la mode dite "pointue" (entendez par là je m'habille comme un petit poney sous acide mais tu peux pas comprendre c'est "Môôôôôôde"), bref elle ne fait rien de mal la donzelle, c'est pas passionnant (mais alors pas du tout), c'est pas forcément mal dessiné (reconnaisons lui au moins ça) et raconter son quotidien y'en a d'autres qui le font (mais avec plus de talents néanmoins). Non ce qui me fait bouillir avec ce genre de production, c'est l'apparition de la BD dite "de filles" (ou girly pour les intimes), alors vous me direz : Ouais mais c'est bien les filles qui font de la BD y'en a pas beaucoup avant". Je vous répondrais que déjà en fait non, c'est juste qu'on en parlait moins vu que c'était un univers plûtot masculin (et toujours un peu encore il est vrai), mais des dessinatrices et des scénaristes femmes y'en avait déjà, et en plus pardon mais résumer les auteurs bd féminines à ça???? Bon déjà, ça me gonfle sévère que l'on fasse des niches du genre: BD pour hommes (avec barbares filles aux gros nibars et grosse népée phalique en couv') et BD de femmes (avec une fille habillé trop mode en couverture qui fait "Hihi rooh là là j'ai abusé des macarons trop loool"), j'exagère? A peine, malheuresement, en foutant en avant des dindes qui se lamente sur les louboutins qu'elles n'ont pas obtenus ou sur les 300 grammes qu'elles ont pris aux fesses, l'édition BD résume donc les préoccupations des femmes à deux trucs, le shopping et leurs bourrelets et ça commence à me pomper l'air, et y'en a de plus en plus de ces machins! Ca pollue les tables des librairies et ça pullule sur le net. Alors vous me direz, si ça n'avait pas autant de succès ça serait pas édité, c'est vrai là aussi malheureusement. Que des filles se ruent sur ces trucs décérebrées, je peux comprendre vaguement quand il s'agit du net, ça coûte rien et des fois ça fait du bien de se vider la tête parfois mais de là à dépenser 15 euros pour ça? Putain (voilà ça y'est je deviens vulgaire...)mais gardez vos sous pour vous achetez autre chose! Je sais pas moi, si vous aimez tant la mode gardez vos sous pour vous achetez une jupe ça vous sera plus utile! Non en fait je sais pourquoi ça a été édité, c'est pour les messieurs qui se disent "ha ma meuf elle aime pas la BD (normal c'est une fille) j'va lui acheter une bd fille alors, un truc qui parle de fringue et de mecs trop beaux comme ça elle pourra lire sa bd pendant que je regarderais mon grand prix de tunning en rôtant de la bière sur le canapé après qu'elle m'ait fait à manger" (je caricature? à peine plus que ce que ce l'édition de BD actuelle veut nous vendre). En gros, c'est un truc fait pour bien faire la différenciation des sexes, manquerait plus que les messieurs se mettent à aimer faire le ménage et les filles à boire de la bière non mais vous vous rendez compte? L'anarchie mes braves amis! Bref tout ça pour dire que ça m'agace, je SAIS, c'est juste un machin commercial parmi tant d'autres, y'a pas que Marabulles pour faire de la BD ciblée ,je SAIS tout ça bordel, je sais aussi que ça n'empêche pas des talents telles que Lisa Mandel et Anne Simon de se faire leurs trous dans la BD sans être classifié tout de suite "Blondasse décérébrée", mais chaque fois qu'on essaye de coller les gens dans des petites cases selon leurs appartenances sexuelles, leurs goût, leurs professions, leurs origines ou même leurs religions, ça me fait sortir de mes gonds désolé, à quand la bd sur les hommes qui aiment bricoler ou les filles qui aiment les dauphins (comment ça, ça existe déjà? au secours!). Le féminisme ne passera pas par Diglee, ça serait pas si grave si ça se vendait pas aussi bien, et que pleins de gens bien pensants qui adore les petites cases bien rassurantes n'en faisait pas l'apanage de la BD dite "au féminin" (que le c..... qui a inventé ce terme se dénonce que je lui enfonce mon côté féminin dans la tronche à coup de batte)... Raaaaaah ça va mieux! Voilà c'est dit, ça soulage, reprise d'article moins hargneux la semaine prochaine, promis.

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 12:24

9782917157190.jpgUn nouveau livre de Damasio, c'est forcément un évènement (enfin pour moi hein, vous n'en avez peut-être rien a carrer, mais ça ne regarde que votre mauvais goût et tac!), surtout que le monsieur n'est pas des plus prolifiques vu que sa dernière production en date est de 2004, hé oui les enfants, La Horde du Contrevent a déjà 8 ans! Si vous ne connaissez pas cette oeuvre, mes pauvres amis je ne peux plus rien pour vous! Vu que c'est ce qui s'est fait de plus enthousiasmant en SF depuis une bonne dizaine d'années. Damasio c'est le type qui a prouvé que Asimov et Perec étaient hautement compatibles et que ça pouvait accoucher d'un des plus inventifs roman du moment. Alors, c'est toujours compliqué de parler de Damasio surtout quand on est un vague tâcheron de l'écriture comme mézygue, c'est un peu comme si Chalotte aux fraises tentait d'expliquer avec ses mots la philosophie d'Heidegger, voyez? (J'ai réussi à mettre Charlotte aux fraises et Heidegger dans la même phrase je sais pas si vous vous rendez compte du challenge) vous voyez pas? En fait moi non plus, disons en tout cas que c'est juste dur d'expliquer le style de Damasio quand vous possédez moins de 3000 mots de vocabulaire, c'est ça le truc. Damasio est un obsessionnel de la langue, un acharné du langage écrit ou parlé, sous toutes ses formes et tout ses délires. C'est pas qu'il travaille son vocabulaire, ho non! Malheureux! Il te le cisaille, te le découpe, t'en fais des colliers verbales, c'est pas pour rien que le coco ne sors qu'un livre tout les 36 du mois, c'est un orfèvre des mots, un sculpteur de phrases. Dans la Horde du Contrevent, il avait travaillé sur l'idée du langage dans l'air, inventant tout un vocabulaire et un orthographe autour du vent et de sa manière de transporter les sons. Le voici de retour avec ce recueil de nouvelles, où on retouve avec une fascination sans faille, son talent d'écrivain obsédé par les mots et leurs significations, par la sonorité des syllabes, et par tout les modes de communications qui peuvent exister ou que l'auteur invente pour l'occasion. Dans ce recueil, les lumières se répondent (So phare away), les intruments forment des lettres (Sam va mieux) et Internet devient une machine à la communication dévorante qui va jusqu'à dématarialiser les humains (C@ptch@). On retrouve avec bonheur les thèmes chers à l'auteur, le travail sur les mots et leurs significations, la transformation des corps et la critique de notre société marchande, sur ce dernier point permettez moi une infime critique, ce n'est pas là dedans qu'il est le meilleur disons le clairement, mais quand il se penche sur les mots et leurs sens, bon sang quel délice! Le principe des nouvelles est par ailleurs un peu frustrant car on aimerait en avoir encore plus (So phare Away mériterait un roman de 500 pages à lui tout seul),  mais ce sont des amuses-gueules délicieux pour les néophytes qui auraient un peu peur de se lancer dans le pavé de La Horde, et pour ces fans, de succulents hors d'oeuvre qui font saliver en attendant la suite qui arrivera bientôt  j'espère. Parce que ça m'a donné une fringale monstrueuse, moi! je rêve de gueuletons de phrases, de ventrées de de syllabes, d'une indigestion de voyelles, de succulents gueleutons linguistiques concocté par ce maître queux de la langue française! Bon, on peut se consoler en se disant que vu la densité de certaines des nouvelles de ce recueil, il faudra les relire une bonne dizaine de fois pour en saisir toute la saveur. Un artiste je vous dis!

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