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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 12:01

wajda.jpgÇa fait longtemps que j'avais pas posté une critique ciné, donc je me lance, et pour un p... de bon film! Wadjda c'est la claque de ce début d'année. Un film qui donne envie de croire en l'humanité et dans la révolution douce. Wadjda, c'est d'abord le premier film saoudien à arriver sous nos latitudes et le fait qu'il soit réalisé par une femme renforce le côté inédit de ce petit bijou. Parce que pour qu'une femme puisse réaliser un film dans un pays où elles n'ont même pas le droit de conduire est en soi un sacré miracle, mais en plus de ça, il est super bon ce film! Tout en légèreté et en humour, en grâce et en subtilité, Haifaa al Mansour nous prouve qu'on peut traiter de sujets graves avec douceur sans en édulcorer le propos. Wadjda c'est le nom de la petite héroïne du film, mignonne et espiègle, elle promène sa silhouette maigrichonne dans les rues de Riyad (la capitale de l'Arabie saoudite) entre la maison de sa mère, qui redoute un second mariage de son mari et l'école coranique où les jeunes femmes ont interdiction de chanter, danser, se maquiller, rire, courir... En fait la liste des choses autorisées aux femmes iraient plus vite tant la vie quotidienne de la gent féminine est serrée dans les carcans d'un intégrisme religieux moyenâgeux. Le but ultime de cette petite fille? Avoir un vélo! Pour pouvoir faire la course avec son meilleur ami, le petit Abdallah qui la suit et la soutient dans son envie absurde. Car une fille "bien" en Arabie Saoudite, ça ne fait pas de vélo, ça peut rendre stérile. Mais elle, elle le veut et elle pourrait bien l'avoir, grâce entre autre à la complicité du marchand de jouet, vieux bonhomme débonnaire et amusé par l'obstination et la langue bien pendue de cette gamine. Et ce n'est pas la rigide directrice de l'école, la froide et acariâtre Mme Hussa, qui veille comme une lionne à la vertu de ses protégées ni sa mère, qui oscille entre envie d'indépendance et la peur des cancans des voisins qui l'en empêcheront de réaliser son rêve. Étonnant comme l'acquisition d'un simple vélo au pays des wahhabites peut se transformer en ode libertaire. Pas de manichéisme dans ce film, pas de lamentations, juste un humour doux et subtil et un réel amour pour ce pays pourtant si dur, Haifaa al Mansour rêve du pays que pourrait être l'Arabie Saoudite, un pays où la liberté s'acquiert à coup de pneu de vélo et de répliques bien senties. Aussi drôle et déterminée que Wadjda, qui semble conduire une révolution des moeurs à coups de sonnettes de son petit vélo vert.

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 11:00

9782205070194-couv-I400x523Alors je sais vous allez me dire "Fantômas? Le truc qui passe chaque été sur France 3 entre deux épisodes de "plus belle la vie " avec de Funès dans un de ses plus mauvais rôles?", oui oui, ne niez pas, je me disais exactement la même chose. Autant dire que j'étais moyennement motive à l'idée d'ouvrir ce machin que je croyais être un hommage potache au film éponyme. Mais vous avez dû remarquer que j'ai mis "croyais" donc vous imaginez bien que c'est pas du tout ce qu'il s'est passé, et c'est vrai les amis, bon sang quelle claque! En fait cet album est un hommage certes, mais plutôt aux romans d'origines qui ont fait frissonner la France entière en 1910 et 1911. Le cinéma s'est vite emparé de la chose (comme quoi le truc de "y'a un succès littéraire vite vite faisons un film n'est pas nouveau) et c'est maintenant sous sa forme cinématographique que le public se souvientdu premier "super vilain" de l'histoire. Car oui, Fantômas est le premier "super Héros" masqué (à ce propos lisez la préface qui apporte un éclairage très intéressant sur la genèse du personnage) et il semblerait que les héros masqués des premiers comics furent en réalité crées d'après ce personnage insaisissable. Donc, oubliez le masque bleu moche de la version avec De Funès, oubliez les gags potaches et plongez dans cette BD avec le frisson qu'ont dû sans doute ressentir les premiers lecteurs de ce feuilleton. Car ici, nous sommes dans le gothique flamboyant, l'horreur grand guignol et la fascination macabre. Sous le trait magnifique de Julie Rocheleau, Fantômas reprend vie après avoir été décapité pour ses innombrables crimes. Et sa vengeance sera sanglante et sans pitié. On retrouve dans cet ouvrage le rythme haletant des feuilletons qui paraissaient dans les journaux, il fallait maintenir les spectateurs en haleine pour les pousser à acheter le nouveau numéro, et là, force est de constater que ça marche toujours, je trépigne en espérant le tome 2. Quelques esprits chagrins pourront signaler que tout cela paraît bien désuet dans la forme et que les meurtres grands guignols et sanglants ont un côté un peu ridicules, c'est vrai mais enfin c'est aussi ce qui fait le charme de cette album qui retrace à merveille le Paris des années d'avant guerre, ses bas fonds glauques et ses coupes gorges mal famés. Fantômas retrouve ici ses couleurs d'antan, anarchiste  violent, cynique et cruel, il fascine autant qu'il révulse et l'inspecteur Juve, héros sans peur et sans reproche qui a ici trouvé un adversaire à sa mesure, est bien loin du grimaçant hystérique de la version des années 60. Un très bel hommage doublé d'une très bonne BD, que demander de plus?album-page-large-18537.jpg

 

 

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 11:09

Allez on se débarrasse d'abord des formalités: Bonne année, bonne santé, pleins de bonnes choses, comment fut vos vacances? Pas mal et vous? Très heureux, mais vous en êtes un autres tout ça tout ça. Aujourd'hui m'en vais vous faire un petit tour du propriétaire des sorties BD de ce début d'année 2013 ou du moins celles qui valent qu'on s'y arrête (à mon sens), comme ça vous saurez vers quoi vous tourner si d'aventure vous entrez dans une librairie. Le mois de  Janvier, festival d'Angoulême oblige, est traditionnelement le moment où les éditeurs nous gratifient d'une assez grosse production, à défaut d'être foncièrement géniale cette année (comment ça "comme les années précédentes? "Je ne me permettrais pas) on a quelques petites perles ça et là qui peuvent valoir qu'on s'y arrête. C'est de ces quelques titres dont je vais vous parler (quant à dire si le reste est bon à jeter à la poubelle, c'est à vous de juger), bref allons y :

 

en-chiennete-bast-9782849531631.gifEn chienneté, de Bast ed. Boîte à bulles: Pour une fois Boîte à bulles nous gratifient d'un roman graphique intéressant, celui d'un témoignage d'un dessinateur de BD envoyé dans une prison pour mineurs délinquants pour y enseigner le dessin. A travers différents personnages, on découvre l'univers de ces centres, ses drames et son ambiance étrange. Bien sûr, l'auteur en tant qu'intervenant extérieur, n'a pas le droit d'interroger les jeunes sur les raisons de leurs présences en ces murs, mais peu à peu les langues se délient et les histoires tour à tour terrible et pathétiques se découpent. Ces jeunes passe du statuts de caïds en mal de reconnaissance jouant à qui est le plus couillus à une bande de gamins (qu'ils sont pour la plupart) en deux minutes lorsque le gardiens leurs permet une heure de playstation en rab. A moitié illettrés pour la plupart, les parcours sont divers mais les histoires finissent par se ressembler et font méditer sur les paroles de Victor Hugo donné en préambule du livre "Celui qui ouvre des écoles ferment des prisons".  Terrifiant et pathétique, cette BD est une radiographie passionnante et rare sur l'état actuel de nos prisons et finalement aussi de notre société.

 

Rouge-Tagada-couverture.jpgRouge Tagada, Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini, ed.Gulf stream: Parce qu'en ces temps de réflexions sur notre sociétés et les changements qui s'opère, cette histoire aux couleurs acidulé sur les premiers émois amoureux d'une petite jeune fille pour sa meilleure amie est une chronique tendre et cruelle à la fois sur l'adolescence et l'identité sexuelle qui se construit peu à peu.

 

 

 

 

 

9782352120933_1_75.jpgContes d'un homme de goût,  Christoph Mueller., ed.6 pieds sous terre: Bon je peux pas trop en parler encore, vu que je ne l'ai pas encore lu, mais juste en le feuilletant, on sens l'influence de Crumb et c'est déjà bon signe, je pense en faire une vrai chronique bientôt mais n'hésitez pas d'ici là à y jeter un oeil.

 

 

9782205064728-couv-I400x523La triologie Parker, Richard Stark et Darwyn Cooke ed. Dargaud: Normalement je suis pas fan des adaptations de romans en bd, mais là, que ce soit au niveau dessin  qu'au niveau scénar (adapté du grand Westlake) c'est vraiment top et prenant. Du bon vieux polar noir et violent, à noter que le roman a déjà été adapté au ciné il y a quelque années sous le titre Payback, l'occasion pour vous de découvrir une adaptation plus conforme à l'originale. Ce Parker, bonhomme affreusement antipathique, misogyne  insaisissable et implacable est un personnage somme toute assez fascinant. Le tout servi dans un graphisme 50's fort à propos.  

 

 

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 11:56

Voilà Noël qui pointe son nez piqué de givre, son sourire plein de promesse de chocolats, d'huître et de champagne, ses guirlandes brillantes de mauvais goût et ses affreux chants de Noël qui rendrait misanthrope le plus humaniste de hommes. Et puis surtout, ces beaux paquets cadeaux dont la présentation alléchante n'a d'égale que la déception quand on l'ouvre pour découvrir le dernier Largo Winch (en 4 exemplaires), le énième Blake en Mortimer (en double) et le Goncourt ( pour une fois c'est pas mal mais là encore offert en triple)... A moins que vous ne piochiez des idées dans la liste que ce propose de vous offrir gracieusement votre serviteur. Bon après si vous êtes plusieurs d'une même famille à lire ce blog (ce dont je doute fortement) je peux rien faire pour vous, z'aviez qu'à être un peu plus original bon sang! Bref, faire des liste de Noël c'est tendance et je ne vois pas pourquoi je ne me mettrais pas à la mode moi aussi. Donc à vos crayons, c'est parti!

 

 

 

 

 

album-cover-large-16687.jpgLa crème de Crumb Cornélius: Je m'étais promis de faire un topic sur ce type qui mériterait une statue à sa gloire (mais vu sa timidité il risquerait pas d'apprécier). Bref, Cornélius, adepte du beau boulot d'édition, ont édité cette petite merveille pour la modique somme de 25 euros, où vous trouverez le meilleur de cet artiste qu'on ne présente plus. C'est pas cher et ça vous impose un homme, ça fait trop bien dans une bibliothèque et en plus c'est super bien, que demander de plus?

 

 

 

 

HabibiCover.jpgHabibi, Casterman: Autant Blankets m'a moyennement convaincu, autant Habibi c'est sublime! Craig Thompson a lu le Coran et en a sorti une superbe réflexion sur le langage et le rapport au spirituel à travers une histoire semblant sortir d'un conte des milles et une nuits. Le tout dans un noir et blanc superbe. Ajoutez à cela que Casterman a eu la bonne idée de sortir une édition relié cuir absolument magnifique et vous obtenez le cadeau idéal à (vous) offrir!

 

 

 

 

une-vie-dans-les-marges.jpgUne vie dans les marges (1 et 2), Cornélius:Cornelius encore, cette fois, LE bouquin à offrir aux fanas de manga pour découvrir comment ce mouvement désormais si populaire fut inventé. Raconté par un des pères de courant, le grand Tatsumi, contemporain d l'irremplaçable Tezuka. Un ouvrage passionnant et original.

 

 

 

 

 

 

l-art-bande-dessinee-1448156L'Art de la Bande Dessinée, Citadelles et Mazenod: Bon là, réservé à ceux qui ont beaucoup de sous (205 euros le pépère!)  et qui veulent offrir l'oeuvre ultime sur la BD à des fans hardcore du 9 eme art. C'est Citadelles et Mazenod, dont c'est excessivement bien foutu, les rendus images sont magnifiques et les commentaires toujours aussi fouillés et intéressants. Ça coûte un bras mais ça les vaut (après tout on a deux bras, on peut aisément se passer de l'un d'entre eux, faut ce qu'il faut).

 

 

 

 

9782205063882-couv-I400x523Integral de Philémon en trois volumes; Dargaud: j'ai déjà dit tout le bien que je pensais du Monsieur(Hiiiiiiiii!!!), voici l'occasion de découvrir chez Dargaud son oeuvre principale dans une très jolie édition. A offrir en priorité à ceux qui ne connaissent pas (trop nombreux à mon goût) parce que Monsieur Fred devrait être obligatoire!

 

 

 

 

 

_couv-pinocchio_m.jpgPinnochio, Collodi illustré par Mattotti; Hélium: Là, un livre pour enfant, mais attention! Illustré par Mattotti, c'est juste sublime, tout en couleurs chaudes comme l'auteur sait le faire et en crayonné expressifs, un des meilleurs hommages rendu à Collodi. Helium en a fait une superbe édition relié, non, y'a pas à dire, c'est à avoir!

 

 

 

 

 

soie_016_Rebecca_DautremerOK.jpgSoie, Barrico, Dautremer; Tishina: Bon, le texte de Barrico, on adhère ou pas (perso j'ai du mal) mais ces dessins, bon sang ces dessins! Un des chefs d'oeuvre de Dautremer, presque aussi beau que l'Alice au pays des Merveilles qu'elle avait fait en 2008.

 

 

 

 

 

 

31dnw8nZ-TL__SL500_AA300_.jpgArtbook de Soie; Tishina: Là encore je m'adresse aux riches (oui bin eux aussi, ont droit d'avoir des bonnes idées cadeaux d'abord!) parce qu'à 159 euros, c'est un Artbook de luxe que vous avez là. Mais bon sang, que c'est beau! Et ce papier mat qui rend toutes les couleurs sublimes de la Madame... Raaaaah! J'ai pas pu le regarder jusqu'au bout, j'avais de la bave qui coulait le long de mon menton et qui risquait de tacher l'ouvrage (qui coûte 159 euros je le rappelle)

 

 

 

 

 

beeeestes-of-le-genie-des-alpages-33562-250-400.jpgBêêêêste off, F'murr, Dargaud: Ils l'ont réédité! Enfin! Pour les fanas d'humour absurde jusqu'à l'absurde, les adorateurs des Monthy Python et de l'humour What the Fuck. Une perle qui répondra à la question suivante: l'existentialisme est-il soluble dans l'eau salé?

 

 

 

 

 

 

9782021092776-copie-1.jpgMadame le Lapin Blanc, Bachelet, Seuil: Toujours pour les amateurs d'humour WTF, parce que personne ne s'est jamais demandé le calvaire que pouvais bien vivre la femme du Lapin Blanc d'Alice et que Bachelet répare cette injustice avec son humour et son dessin toujours aussi détaillé et méchamment génial. Merci à lui!

 

 

 

 

Voilà, si avec ça vous ne faites pas des heureux, je ne peux plus rien pour vous! Allez hop! chez vos libraires et que ça saute! Sur ce, bonne fin d'année les zamis! (pas sûr que j'aurais le temps de publier d'ici là)

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 11:14

imagesCAKI218W.jpgHeu... En fait, à peine commencé le début de cet article, je me rends compte que je ne sais absolument pas comment vous présenter cet ouvrage tant il est tordu. Bon, commençons par le plus simple, cette bd quasi muette est basée sur un scénario de Jim Henson et Jerry Juhl (pour les plus incultes, Jim Henson c'est le type qui a crée le Muppet Show et surtout  à qui on doit Dark Crystal, si vous ne l'avez pas vu honte à vous), qui avaient dans l'idée d'en faire un film (et vu la tronche de la BD, je vous dit pas ce que ça aurait donné en long métrage, à mon avis y'aurait fallu un paquet d'ectasy pour espérer y voir clair), manque de bol, c'est à ce moment précis qu'on proposa à Jim Henson de créer le fameux 1 rue Sésame et autant dire que le projet  de film fut reporté aux calendes grecs. Mais n'empêche, le scénario était là, frémissant depuis plus de 30 ans et voilà t-y pas qu'un doux-dingue du nom de Ramon Perez s'est mis en tête d'en faire une BD! Le moins que l'on puisse dire  c'est que c'est joyeusement perché (vous me direz avec un scénariste capable de faire parler des grenouilles et de créer les Skeksès, fallait s'y attendre). Bon maintenant me voilà bien embêté parce que vous allez me demander de vous raconter l'histoire (non? bin tant pis je le fais quand même), et c'est là que ça se corse parce que ça fait trois fois que je lis cette foutu bd et que j'ai toujours rien pigé. Peut être que y'a rien à comprendre remarquez! Enfin bref, l'histoire c'est celle d'un type sans nom, qui doit fuir dans le désert un autre type sans nom et borgne et qui pour cela a bien dix minutes d'avance alors pas de panique, de toute façon il a une carte, mais faut pas s'y fier, tout ira bien, suffit juste que quelqu'un accepte de lui allumer sa clope. Non j'ai rien bu, promis, c'est vraiment l'histoire! Et encore, là, je vous épargne les pompiers, l'ours scout et les deux vieilles qui jouent au golf en plein milieu du désert. Voilà donc l'histoire absurde d'une fuite absurde, le tout dans une mise en scène épileptique. C'est... étrange, y'a pas à dire, du coup je serais infoutu de vous dire si j'aime ou non vu que j'y ai pas compris grand-chose. Ca ressmble à un mix entre David Lynch sous amphet' et les oeuvres les plus barrés de Terry Gilliam. Cette Bd a été bardée de prix aux Etats-unis, gageons qu'elle n'échappera pas à une gratification à Angoulême. Alors soyez en avance sur la tendance, lisez-là et si une bonne âme un peu moins abruti que votre serviteur peut m'expliquer de quoi il en retourne ce serait fort sympa...

 

Tale-of-Sand-Preview-PG1.jpg

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 11:39

Un-peu-de-bois-et-dacier-e1347376824902Alors c'est l'histoire d'un banc, c'est en noir et blanc et c'est muet. Voilà voilà, là tout de suite je vous sens vachement emballé, si si, ne le niez pas! Bin quoi? Vous pensez que ce n'est pas sexy comme sujet une bd de 200 pages qui parlerait d'un banc et tout muet? Hé bien, vous auriez tort messieurs-dames, permettez moi de vous le dire! Parce que c'est là où on reconnait un véritable artiste (et Chabouté en est un indubitablement), c'est cette capacité à vous parler d'un sujet aussi banal et le rendre passionnant. Dans cette BD toute en finesse et tendresse, l'auteur nous raconte l'histoire de ce banc donc, en bois et acier comme le titre l'indique, banal et perdu au fond d'un parc anonyme, comme on en voit des centaines d'autres et de ses divers usagers tous aussi banals et anonymes: un couple de petits vieux qui mangent des pâtisseries, le clodo du coin qui tente d'y dormir malgré les invectives du policier du quartier, un jeune homme à qui on a posé un lapin, un homme et son livre, une femme à l'allure triste, un jogger, quoi de plus banal en somme? Et puis peu à peu, on suit leurs aventures personnels au fil du temps qui passe sur ce banc, et la banalité se transforme en mélancolie quand le vieil homme du couple du début se retrouve seul à manger ses pâtisseries, joyeux quand le jeune homme au lapin propose son bouquet de fleurs à la jeune femme triste et son foulard qui cache son crâne nu. Et voilà que tout ces anonymes ne sont plus banals du tout, on se prend à suivre leurs histoires muettes et touchantes. Jamais mièvre plein de joie et de tristesse, la vie de ces personnages finalement pas si ordinaires finit par nous passioner. Cette BD est la touchante aventure du commun racontée dans un noir et blanc somptueux, sans sensiblerie mais avec un réel amour du genre humain. Ca fait du bien en ces temps de grisailles et de crise, alors que puis je vous dire d'autre si ce n'est de lire ce joli hommage à la banalité poétique du quotidien?

 Un-peu-de-bois-et-d-acier-6.jpg

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 13:15

album-cover-large-17961-copie-1.jpgHabituellement je ne suis pas fan des adaptations de livre en BD, tour à tour trop scolaire ou trop fidèle. De plus,je n'aime pas me faire imposer des personnages à ceux que j'avais créer dans ma tête. Pourtant force est de constater que l'adaptation BD des romans a le vent en poupe, entre la collaboration de Rivages et Casterman, Delcourt et ses adaptation de l'ïle au trésor ou des Hauts de Hurlevent (le chouchou des professeurs de littérature), même Librio s'y est collé avec une adaptation d de "Parole de poilus". Je disais donc qu'en règle général, l'exercice me laisse froid, mais là faut reconnaître que c'est du très bon boulot! A cause du dessin déjà, expressif et efficace et puis surtout parce Riff Reb's ne se contente pas de faire une adaptation littérale de l'oeuvre de Jack London (parce que c'est de lui qu'il s'agit), au contraire, il s'en inspire pour nous apporter un récit inédit et envoûtant. L'histoire est celle d'un jeune blanc-bec du nom de Humphrey Van Weyden, spécialiste d'Edgar Allan Poe, embarqué pour une croisière qui s'annonçait pourtant tranquille mais qui se transformera en cauchemar maritime. Après le naufrage de son paquebot, ce dernier est recueilli par un bateau phoquier au large du Japon. Sur ce navire brinquebalant, notre narrateur ne tardera pas à faire la connaissance du terrible Loup Larsen, capitaine aussi craint que haïe par son équipage. Sans demander son avis à notre héros, le charismatique personnage va l'enrôler de force dans les cuisines du navire. Pas question de refuser pour Humphrey, coincé en pleine mer, il n'a aucune échappatoire. La vie sur ce bateau va se transformer peu à peu en huit clos angoissant, les marins étant eux même prisonnier de cet étrange cargo bien-nommé "Le fantôme". Tout les déserteurs qui tentent de s'en échapper au moyen des frêles canaux de sauvetage, sont impitoyablement abattus. La haine envers le capitaine gonfle peu à peu mais même une mutinerie en pleine nuit n'aura raison du diable d'homme. Car c'est bien du diable qu'il semble s'agir, Loup Larsen est invincible, nihiliste, violent mais également lettré et charmeur et il provoque une haine aussi grande que la fascination qu'il inspire. Et le jeune Humphrey en fera les frais. Chaque chapitre contient un code couleur, cela peut un peu dérouter au départ mais force est de constater que ça fonctionne finalement à merveille. Cette oeuvre romanesque contient aussi des vrais morceaux de réflexions sur le genre humain, considéré par le Loup des mers de l'histoire comme "un animal médiocre [qui] sans l'apparition de la conscience aurait disparu de la planète depuis bien longtemps, mais le prix à payer c'est la conscience de sa propre mort et c'est lourd". Je vous laisse méditer sur ça, je ramasse les copies dans deux heures.

 album-page-large-17961-copie-1

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 11:50

201209-23prostituees_c.jpgVoilà une bd qui fait couler beaucoup d'encre en ce moment, pas de raison pour que j'ajoute pas mon petit grain de sel... En même temps ça m'embête un peu de dire du mal d'une BD de chez Cornélius vu que c'est quand même une excellente maison d'édition à qui l'on doit notamment la somptueuse édition de "La crème de Crumb", qui àlui seul mériterait qu'on considère cette maison d'édition comme la plus importante de ces dernières années en matière de BD underground. Mais là les gars, l'underground c'est bien joli mais si c'est pour éditer des récit aussi peu intéressant dans la forme et aussi simpliste dans le fond, je suis pas sûr que ça en vaille la peine. "23 prostituées" raconte par le menu, la relation de Chester Brown avec des prostituées donc, il dresse une sorte de catalogue des jeunes femmes, montrent de manière clinique les rapports ainsi que ses discussions avec ces dernières ou encore ses amis qui désapprouvent son recours au "plus vieux métier du monde". Jusque là rien à dire, le sujet est intéressant, d'autant que les témoignages de client sont forts rares et c'est en cela que l'exercice aurait pu être vraiment novateur mais voilà, ça l'est pas du tout!En réalité ce roman graphique est uniquement fait pour dédouaner l'auteur pour son recours à la prostitution. Si je résume le bonhomme: en gros, les relations amoureuses ça fait trop mal quand ça se finit (pov'chouchou va!) autant avoir recours à la prostitution, au moins en payant les filles y'a pas de lézards, on a ce qu'on veut sans s'encombrer d'une relation. Moui... Tu m'étonnes qu'il a des problèmes relationnels le monsieur avec un raisonnement pareil. Chez Chester Brown, les prostituées (ou plutôt escorts) sont plutôt contentes de leur sort et non sujettes à l'exploitation, d'ailleurs aucunes ne s'est plaintes à lui quand il les interrogeait si ça c'est pas une preuve! (Bon moi je sais pas, mais je vois mal une prostituéedirent au client avec qui elle vient de coucher "Putain j'ai vraiment un boulot de merde et ouvrir les cuisses pour des inconnus c'est vraiment l'enfer:" je pense que pour faire fuir la clientèle y'a pas mieux mais bon...), bref, d'après M. Brown, la prostitution est la panacée des relations hommes/femmes. Bon, c'est son point de vue, pourquoi pas, on est en démocratie, du coup je peux de mon côté dire que c'est une complète connerie. A dire vrai, ce bouquin ne m'aurait pas autant énervé si l'auteur se contentait juste d'exposer son point de vue sans essayer de me prouver par A+B à quel point il avait raison et à quel point ceux qui pensent le contraire sont des rétrogrades réactionnaires et coincés. Et vas-y que je te démontre à la fin de l'ouvrage par des arguments plus ou moins fumeux, les objections du lecteur ou celui des féministes anti-prostitution, et vas-y que je fais des raisonnements à l'emporte pièce pour démonter les objections de mes potes... Bref, à force d'essayer de nous faire comprendre qu'il n'est pas un sale type (ce dont on a jamais douter pépère, là n'est pas le propos), l'auteur fini par nous agacer au plus haut point. Quand au graphisme, , c'est sans doute voulu par l'auteur mais c'est assez morne. On se retrouve face à des petits épisodes, assez semblables les uns les autres, décrivant par le menu, les choix de l'auteur et les relations qui en découlent, saluons quand même le fait que le récit ne tombe jamais dans le graveleux, c'est clinique et c'est sans doute la meilleure manière de décrire les choses sans tomber dans l'érotisme ou la sexualité exacerbé ce qui aurait nuieau propos. Mais bon sang que c'est morne et lent tout ça! Sous prétexte que c'est du roman graphique, on fout aucun effet de style ou de mise en scène, c'est d'un plat, d'un long! Bref, si vous voulez une vrai bonne bd sur les réalités de la prostitution, sans fard mais sans misérabilisme, lisez "Jeanine" de Mathieu Picard, parce là c'est vraiment raté, la volonté de l'auteur de nous prouver la saineté de sa démarche nuis totalement au fond qui mérite pourtant une discussion sérieuse et sans hypocrisie. Pour ou contre la prostitution, là n'est pas le débat, la question est surtout comment éviter ce genre d'oeuvre qui sous couvert d'objectivité, tente de vous faire avaler n'importe quoi.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 11:05

Désolé, mais là faut que ça sorte: PUTAIN DE BORDEL DE CHIOTTE A CUL!!! Quoi, je suis vulgaire? Mais attendez les gars pas plus que les responsables marketing de chez 12bis! Bon sang! Je m'explique: pour les non-preneurs de métro parisien: vendredi dernier (le 12 octobre donc), est enfin sortie la suite de l'excellente série de Bourgeon et Lacroix, "Le cycle de Cyann", pour ceux qui ne connaissent pas (c'est une honte mais moins que cette campagne à la c...), on suit les aventures de Cyann, jeune femme gironde, fille du président MajO de la planète Olh, chargé de trouver un remède aux terribles fièvres pourpres qui déciment toutes la population masculine, pour cela elle doit se rendre avec une équipe sur la planète d'IlO, et croyez bien que cette arrogante et cynique jeune femme va en prendre plein la poire. Cette série, ainsi que le personnage, sont une des meilleures créations SF de BD de ces dernières années. Et 12 Bis, pour annoncer la fameuse sortie de cet opus si attendu, il nous fait quoi 12 bis? Il nous pond CA, placardé en gros plan dans le métro:

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Voilà, les fesses de l'héroïne en gros plan, le cul ça fait vendre paraît-il! Comprenez moi bien, je ne joue pas les mère la vertu, le cul de l'héroïne je m'en fous comme de l'an 40, le soucis, c'est que notamment dans cet album (je dis pas pour les premiers, un peu chaud, m'enfin pas de quoi s'exciter non plus, ça reste de la bd pour adulte, sans être érotique non plus), c'est qu'il y a en tout et pour tout UNE seule image sur le postérieur de la donzelle,

et c'est précisément ce que ces couillons vont mettre sur leur pub, du coup, pour les amateurs de BD, c'est du porno, et pour les amateurs de BD coquine, ils viendront voir ce que c'est et repartiront tout penauds parce que je le répète, le thème principal du cycle c'est la SF, bon sang, pas le postérieur girond du personnage principal. Bref, du racolage bas de gamme, qui fait joyeusement le lien entre BD adulte et BD érotique, qui résume encore une fois les lecteurs de BD à des mateurs qui en ont rien a faire de l'histoire. A moins que ce ne soit pour nous faire causer justement, bon bah là bien joué les gars! Si ce n'était pas l'exceptionnel Bourgeon à la tête de cette série, je vous dirais bien de fuir cette opération marketing bas du front (ou du slip) mais je peux pas, c'est juste une excellente série. Rah que ça m'agace!

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:48

9782359103328.jpgVoilà un chouette petit polar, à l'humour bien noir comme j'aime et au graphisme original. Eldiablo, vous le connaissez sûrement, c'est le scénariste des Lascars, quant à Mademoiselle Cha, blogueuse punk, vous avez sans doute pu la croiser dans le magazine Spirou (pour les plus vieux d'entre vous) ou au hasard de son blog (pour les plus jeunes). Une collaboration plutôt réussi, car les dessin trash et cartoonesque de la donzelle se marie très bien à l'atmosphère noir et rouge du scénario, son humour macabre et sa gouaille indéniable. Pizza Roadtrip raconte l'histoire de deux potes, Romuald, jeune papa qui tente de se racheter une conduite et Rudy, galérien de métier et dealer à la petite semaine qui doivent se débarrasser d'une "pizza" plutôt encombrante, en l'occurrence, le cadavre de Saïd, le dealer du coin, qui git dans l'appartement de Rudy, le crâne explosé à coup de tabouret par la copine de ce dernier. Comment se débarrasser du cadavre? C'est simple, suggère Mathilde, la dite copine, suffit d'aller l'enterrer bien loin, en rase campagne, pas loin d'un bled paumé en Bretagne. Facile, "aussi simple que de livrer une pizza mec" dira justement Rudy. Vous vous doutez bien que c'est le début des emmerdes. Le scénario, malin, nous distille au fur et à mesure des indices par l'intermédiaire de flash-backs sur les tenants et les aboutissants de ce petit polar pas piqué des vers. Avec une histoire rendu particulièrement réaliste et vivante par les dialogues concocté par cet as de la langue qu'est Eldiablo et le dessin dynamique de Cha, tout cela vous donne une bd franchement sympa, bouffée d'air au milieu d'une rentrée littéraire plutôt morose. Pour les amateurs de polar et d'humour bien noir et amer comme un café corsé.

 

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