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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 22:52

La vrai difficulté de cet article est de vous convaincre d'aller voir ce film en sachant qu'une fois que je vous aurais raconté le film, vous aurez aucune envie d'y aller... Hum! bon je me lance: c'est l'histoire d'une famille de déshérités qui vivent dans une maison au fin fond d'une campagne pourrie remplie d'authentiques et pathétiques ploucs,  dont le père est un dealer de meth notoire et qui vient de disparaître de la circulation non sans avoir laisser sa maison en guise de caution au juge d'instruction chargé de son procès. S'il ne se présente pas le jour de son jugement, sa famille, ses trois enfants et sa femme devenue folle vont se retrouver dehors... Voilà voilà, vous êtes toujours là? J'entends déjà les commentaires: "ouah c'est du Zola ton film..." 'Déjà que j'ai pas le moral, c'est pas pour aller voir la sinistrose sur grand écran", "ça a l'air drôle ton truc tiens!" oui bon, taisez vous donc et écoutez. J'adorerais vous dire que y'a de l'humour et qu'à la fin tout se passe bien mais en fait non... Mais si je vous dis que c'est quand même génial et que non, vous ne finirez pas avec le moral dans les chaussettes malgré le côté totalement desespéré de ce film?  Je ne saurais dire si c'est la performance de la jeune Jennifer Lawrence dans le rôle de Ree, la soeur courage bien décidée a sortir sa famille du gros tas de merde dans lequel son drogué de père les as mis, cette grande ado montée en graine, avec sur le visage la douceur tragique des gosses obligés de grandir trop vite, la manière de filmer de Debra Granik qui filme le quotidien le plus crasse en lui donnant une étrange beauté onirique, ou encore ces trognes de ploucs, tout droit sortis de Delivrance mais la méchanceté en moins, non je ne saurais dire ce qui fascine dans ce film, mais ça marche, on en sort à la fois secoué et heureux. Peut-être parce que finalement même au milieu du fumier, parfois, y'a des fleurs qui poussent, même s'il va falloir les extirper à coups de poings dans la gueule. A l'image de l'oncle de la jeune fille, héroïnomane, violent, imprévisible, mais finalement affreusement attachant. On est pas dans Princesse Sarah, y'aura pas de happy end, enfin pas dans le sens où on l'entends,  Ree restera dans sa fange,  mais le futur ne s'annonce pas si noir. Filmer les oubliés du rêve américain sans jamais tomber dans le misérabilisme, trouver de la poésie dans un tuyau d'arrosage oublié sur un gazon gris, trouver de la dignité dans l'humanité la plus merdique et filmer la violence sans voyeurisme, ce sont les paris réussis de la réalisatrice. Un très bon film noir, très noir, mais sans doute le meilleur depuis des années.

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