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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 12:01

wajda.jpgÇa fait longtemps que j'avais pas posté une critique ciné, donc je me lance, et pour un p... de bon film! Wadjda c'est la claque de ce début d'année. Un film qui donne envie de croire en l'humanité et dans la révolution douce. Wadjda, c'est d'abord le premier film saoudien à arriver sous nos latitudes et le fait qu'il soit réalisé par une femme renforce le côté inédit de ce petit bijou. Parce que pour qu'une femme puisse réaliser un film dans un pays où elles n'ont même pas le droit de conduire est en soi un sacré miracle, mais en plus de ça, il est super bon ce film! Tout en légèreté et en humour, en grâce et en subtilité, Haifaa al Mansour nous prouve qu'on peut traiter de sujets graves avec douceur sans en édulcorer le propos. Wadjda c'est le nom de la petite héroïne du film, mignonne et espiègle, elle promène sa silhouette maigrichonne dans les rues de Riyad (la capitale de l'Arabie saoudite) entre la maison de sa mère, qui redoute un second mariage de son mari et l'école coranique où les jeunes femmes ont interdiction de chanter, danser, se maquiller, rire, courir... En fait la liste des choses autorisées aux femmes iraient plus vite tant la vie quotidienne de la gent féminine est serrée dans les carcans d'un intégrisme religieux moyenâgeux. Le but ultime de cette petite fille? Avoir un vélo! Pour pouvoir faire la course avec son meilleur ami, le petit Abdallah qui la suit et la soutient dans son envie absurde. Car une fille "bien" en Arabie Saoudite, ça ne fait pas de vélo, ça peut rendre stérile. Mais elle, elle le veut et elle pourrait bien l'avoir, grâce entre autre à la complicité du marchand de jouet, vieux bonhomme débonnaire et amusé par l'obstination et la langue bien pendue de cette gamine. Et ce n'est pas la rigide directrice de l'école, la froide et acariâtre Mme Hussa, qui veille comme une lionne à la vertu de ses protégées ni sa mère, qui oscille entre envie d'indépendance et la peur des cancans des voisins qui l'en empêcheront de réaliser son rêve. Étonnant comme l'acquisition d'un simple vélo au pays des wahhabites peut se transformer en ode libertaire. Pas de manichéisme dans ce film, pas de lamentations, juste un humour doux et subtil et un réel amour pour ce pays pourtant si dur, Haifaa al Mansour rêve du pays que pourrait être l'Arabie Saoudite, un pays où la liberté s'acquiert à coup de pneu de vélo et de répliques bien senties. Aussi drôle et déterminée que Wadjda, qui semble conduire une révolution des moeurs à coups de sonnettes de son petit vélo vert.

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