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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 16:04

Aujourd'hui, vous aurez droit à deux articles pour le prix d'un ("wééééééééééééééééééééé" crient mes trois lecteurs), car je vais parler d'un genre avec un exemple, et un contre-exemple comme dans les redactions de français qu'on vous obligeait à faire dans votre jeune temps, rappelez-vous ('insérez ici un soupir nostalgique'). Bref, je vais vous parlez ici du thème le plus éculée du polar, celui que quand t'as pas d'idée et que tu veux quand même écrire un truc, tu te dis "Tiens et si je mettais un...?" Un quoi? allez un petit effort... Un éléphant? (non), un extraterrestre? (non plus...), un mec à poil? (oui, ça peut avoir son intérêt mais non...), qui a dit un suppositoire? Non, voyons allons, vous savez, le tueur suprême, l'affreux vilain pas beau, qui exerce une fascination sans borne sur le lectorat et les spectateurs depuis qu'un type grisonnant enfermé dans une cage en verre s'est approché d'une jeune flic planqué dans la pénombre en sussurant "Bonjour Clarisse..." ah! Un vieux? Roooh mais c'est pas vrai! Un tueur en série voyons! Figure suprême de bons nombres de polar et thriller, rivalisant de perversion.. Alors je sais pas vous, mais alors moi, à la base ça me sort un peu par les trous de nez, cette figure récurrente.  C'est vrai quoi, on a l'impression que dès qu'un auteur veut vendre, il se jette à corps perdu sur ce genre de trucs. Et alors là, ça y va niveau tripes à l'air, tueur affreux pervers qui va tuer massacrer, balancer des indices aux flics (vous aurez forcément un bon vieux flic revenu de tout dans le lot avec lequel le tueur va jouer), vous avez le serial killer cannibal (Le silence des agneaux), le tueur d'enfant (Seul le silence et une bonne douzaine d'autres), le tueur de femmes (Les marécages et une bonne centaines d'autres), on a même le Serial Killer tueur de Serial Killer (Dexter), sans parler de toutes les séries télévisés et les films traitant de personnages très sympathiques ayant existé ou inventé pour le besoin de l'audimat... Un peu comme Barbie quoi, vous avez une base, puis après toutes ses déclinaisons possibles... Le genre est tellement usé, que les auteurs doivent en rajouter dans le glauque en espérant toucher un lectorat blasé... Je vous passe la sinistre andouille qui avait tenté de faire un thriller avec une association de Serial Killer, rien qu'à la lecture de la quatrième de couv', je me sentais moi même poussé des envies homicides, (notes aux prochains auteurs en panne d'inspiration que diriez-vous d'un serial killer qui tuent les mauvais auteurs? Comment? Un génocide vous dites?), le genre a laissé vivre un nombre incalculable de bouquins allant du très médiocres au franchement mauvais, mais parfois, pouvant donner quand même d'excellentes choses, comme les exemples cités plus haut ou celui dont je vais vous parler maintenant: Au delà du mal de Stevens, alors je sais, là encore dans la catégorie titre tout moisi, ça se pose là, d'autant qu'à la base, le bouquin s'appelle By reasons and insanity, avouez que ça a quand même plus de gueule. Paru de manière anonyme en 1979, ce bouquin fut confidentiel pendant de nombreuses années et totalement inédit en France avant d'être sorti de l'oubli par sa publication  en 2010 par Sonatine, (à qui on doit d'autres merveilles de romans noir stelles que Les visages et Seul le silence), voici donc sa sortie en poche (voyez comme je pense à mon lectorat nécessiteux). Ce polar, véritable pavé, se dévore aussi vite qu'une fesse dodue dans l'assiette d'Hannibal Lecter. Roman choral, l'auteur aborde l'intrigue par une multitude de points de vue, allant jusqu'à celui des victimes du tueur, ce qui rend ce roman encore plus poignant. Soit l'histoire d'un jeune garçon, enfant supposé d'un viol de sa mère.Cette dernière, après l'abandon par son mari violent, enfermera son fils dans sa maison et lui fera subir une torture sans nom, mélant terreur psychologique et torture physique. A 10ans, après une torture de trop, le jeune garçon tuera sa génitrice en la balançant dans un poële en fonte, après cela, curieusement, le jeune Thomas Bishop sera légerement perturbé. Enfermé dans un hopital psychiatrique, il cherchera à s'en évader afin de débarrasser la terre de la présence maléfique de la gent féminine... Pour cela, son cerveau malade entrevoit la possibilité de se faire passer pour mort en tuant un de ces codétenus. Et le voilà parti! Tandis que la police recherche un mort, le voici libre d'assouvir sa folie meurtrière. Le plus terrible dans ce livre est sans doute que les victimes ne sont jamais anonymes, l'auteur prend bien soin de nous les décrire, avec leurs failles, leurs joies et leurs attentes, ce qui rend d'autant plus difficile leurs disparitions, ce que jamais aucun auteurs n'avaient fait, réduisant les victimes à une liste qui s'allongent au fil des pages. Ce thriller regorge d'humanité, que ce soit les flics lancés à corps perdu sur une fausse piste, ou les élucubrations atroces du tueur en cavale, l'auteur nous donne à voir des hommes et des femmes, avec leurs failles et leurs courages, ajoutez à cela un remarquable sens du suspence et vous obtiendrez un des meilleurs polars que j'ai lu depuis des années. A se demander pourquoi il a fallu si longtemps aux éditeurs français pour le découvrir, alors que Coben sévit depuis des années... Je n'en dit pas trop de peur de vous gâcher le plaisir de la lecture, si ce n'est que la fin révèle une surprise mais chut! Vous le saurez en le lisant...

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