Voilà le type d'ouvrage qui laisse un
goût amer parce qu'il prouve qu'il ne suffit pas d'avoir deux bons auteurs pour faire une bonne BD. Sur le papier ça paraissait impeccable, Boulet et son univers génialement foutraque et Pénélope
Bagieu et son trait rond et efficace, mais comment dire? Bin vous voyez, c'est un peu comme si vous mettiez ensembles du chocolat et des olives aux anchois (j'adore les olives
aux anchois) , c'est vachement bon pris chacun de son côté mais si vous mélangez les deux vous allez faire une drôle de tronche. Là c'est un peu pareil, ça fonctionne pas, bon
c'est pas mauvais disons, j'ai lu pire mais vu les pointures, je sais pas je
m'attendais à beaucoup mieux. Peut être que j'en attendais trop.Bon un mot rapide de l'histoire, une jeune femme se réveille sur un banc et s'apperçoit qu'elle a totalement perdu
la mémoire. Rien, la page blanche (d'où le titre...), elle va donc tenter de retrouver son histoire tout en le cachant aux gens qui semblent la connaître. Là encore, un idée rigolote, avec
en toile de fond le problème de l'uniformisation de la pensée, une idée chère à boulet, mais ce genre d'histoire qui aurait pû faire une excellente nouvelle, tombe à plat dans une BD
de 200 (!) pages. Rebondissement poussifs et dessins ultra minimalistes on a l'impression que les auteurs ont plutôt bosser dans le remplissage de page plutôt que dans un scénar
qui tienne un peu la route. Si ce n'est la pirouette finale relativement amusante, le reste se lit sans y penser et s'oublie tout pareil. C'est d'autant plus frustrant que Pénélope
Bagieu avait prouvée avec Cadavre exquis , histoire inventive et acide, qu'elle était capable de pondre autre choses que de gentils petits dessins girly, et que Boulet...
Bin c'est Boulet quoi, la star de la blogosphère et son dessin génial et ses idées farfelus et son humour incomparable. D'où le sentiment de gâchis devant ce truc sans saveur.
Et pourtant dieu sait si j'étais dans de bonnes dispositions en le lisant, j'ai même essayé de me convaincre à la fin de ma lecture (j'ai eu toute une conversation
d'une confondante mauvaise foi avec un collègue qui l'avait lu aussi, "Franchement, avoue c'est bof non?"
-Mais pas du tout, c'est juste un peuuu léger c'est tout mais c'est efficace
-Non mais sérieusement, ça tient pas...
-Mais tu comprends pas c'est BOULET
-Oui mais...
-C'est BOULET!!!!
-Mais le scénar...
-C'est BOULET!!!! tu la fermes et tu savoures (même si ça le goût de rien))
Bref tout ça pour dire: tout ça pour ça? Ca n'a pas empêché la BD de très bien se vendre, sans doute justement parce que c'est Bagieu et Boulet du coup ça sent un peu l'opération marketing,et perso je suis un peu mal à l'aise face à ce coup de pub, d'où le goût amer.
Raté c'est vraiment raté et ça me fait mal au bide de l'écrire...
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Oui bon, ça fait
super longtemps que je n'ai pas publié, mais j'avais une super excuse: mon chien était malade et a mangé mon clavier, j'étais malade et j'ai mangé mon clavier, y'a eu un incendie chez moi, une
inondation, j'avais la flemme, autre chose à faire (choisissez l'excuse qui vous paraît la plus crédible et/ou la plus rigolote, ces excuses n'étant pas protégées par un copyright vous pouvez les
réutiliser à votre guise, c'est cadeau ça me fait plaisir).
Nombreuses sont les oeuvres mettant en scène des lilliputiens qui
évoluent dans un monde magique et merveilleux où ces petites créatures minuscules forment une société parallèle aux hommes. L'exemple le plus récent étant sans doute Arriety, dessin animé
sympathique des studios Ghibli. Souvent, ce monde est touchant, mignon et rigolo, peuplé de petite créatures troooop kawaï, qui font des papouilles aux petits zoziaux et dont les souris sont
leurs amis, tout ça tout ça... On pourrait croire que Jolies ténèbres est une de ces oeuvres joyeuses et sans danger, les dessins sont ronds et tout mignons, les petites créatures souriantes et
insouciantes gambadent dans une forêt enchantée. Soudain, l'une d'elle est embarqué dans une fourmilière et dévorée, et là vous vous rendez compte que vous n'êtes pas chez Walt Disney, mais
que vous êtes chez Velmann et Kerascoët et que le gentil monde tout mignon tout plein est en réalité un nit de noirceur et de cruauté. Peu à peu vous vous apercevez que la chose dans lequel
ce merveilleux monde mignon tout plein a élu domicile n'est autre que le cadavre encore frais d'une petite fille. Brusquement vous vous rappelez que le trait mignon et frais de Kerascoët vous
l'avez déjà dans l'univers glauque à souhait de Miss Pas touche, mais c'est trop tard, vous voilà pris de fascination pour l'oeuvre affreuse et envoûtante de Jolies Ténèbres, ou la vie
d'une royauté liliputienne perdue dans une grande forêt est mené par le bout du nez par une reine capricieuse, mégalomane et sadique qui persécute pour le plus grand plaisir de sa petite cours
d'admirateurs des créatures qu'elle trouve trop laide, où des petits bonhommes au grand yeux se font dévorer vivants par des fourmis et des oiseaux, où la souffrance et l'amertume peuvent mener à
la vengeance la plus cruelle qui soit. Conte noir et gothique, cauchemardesque, à la poésie vénéneuse et envoûtant comme un poison fascinant, cette bande dessinée mérite bien son titre, les
ténèbres n'ont jamais été ausi jolies...
Gerardmer, le grand
festival du film fantastique a une fâcheuse tendance à récompenser des petits bijoux du fantastiques totalement improbables, on leurs dois nottamment d'avoir mis au devant de la scène en pleine
période Twilght, un bijou du film vampirique nommé Morse, superbe film noir totalement incroyable, tourné avec trois bouts de ficelle et une inventivité sans précédent, prouvant
que toute la production de film fantastique n'avait pas encore sombré dans la mode gothico-romantique de bas étage pour ados boutonneux. Cette année encore, ils frappent un grand coup en
récompensant cet Ovni norvégien qui est Troll Hunter. Comme d'hab', lorsqu'il s'agit d'un petit film indé, comme beaucoup de productions récompensées à Gérardmer, 'faut vous levez tôt
pour trouver une salle qui le passe, c'est bien simple, à Paris où je demeure, y'en avais qu'une (alors que des navets hollywoodiens comme Green Lantern qui rien que par son affiche
mériterait un procès pour insulte au bon goût, trouve sa place dans tout les cinés de France et de Navarre allant même parfois jusqu'à réquisitionner deux salles rien que dans un seul ciné, mon
dieu, pourquoi nous as-tu abandonné?) et en plus à un horaire où tout les honnêtes gens sont couchés. Bon, n'étant pas honnête et crevant d'envie de voir ce film, je m'y suis donc attelé et ne
fut pas déçu du voyage. Ce film est poilant et inventif, comme tout bon film fantastique se devrait de l'être et les trois personnes qui étaient dans la salle avec moi seront d'accord. Le
principe du film en lui-même n'est pas des plus originaux, faux reportage retrouvé après la disparition mystérieuse de trois étudiants, clin d'oeil au fameux Projet Blair Witch,
néanmoins le principe marche du tonnerre et donne une authenticité bien marrante à ce gros délire. L'histoire donc est celle de trois étudiants faisant un travail de fin d'étude qui se mettent à
suivre un étrange bonhomme qu'ils soupçonne de braconner les ours. Malgré la réticence de l'homme à s'expliquer, les étudiants le suivent secrètement dans une forêt perdue au fin fond de la
Norvège et tombent nez à nez avec... un troll! (oui bah mais vu le titre vous vous attendiez à quoi? A un doryphore?), grâce à l'homme qu'ils poursuivaient, ils échappent de justesse à
l'attaque de la mystérieuse créature et découvre la vérité: les trolls peuplent les forêt norvégienne et notre homme n'est autre qu'un chasseur de Troll engagé par le gouvernement pour éviter que
ces derniers ne s'échappent des réserves où ils sont parqués. Les conditions de travail étant très insatisfaisantes, le chasseur employé de la TST (Troll Sécurité pour Tous), décide d'accepter
d'être suivi par les trois étudiants afin de faire pression sur ses employeurs pour que la convention collective soit revue, ce qui n'est pas du tout du goût du gouvernement qui tente par tout
les moyens d'étouffer les affaires de Troll. Dans ce film vous apprendrez à reconnaître les passages de troll (il y a des arbres arraché partout), qu'il ne faut surtout pas être chrétien si vous
souhaitez passer inaperçu de ces derniers (ils vous reniflerait à des kilomètres), que vous pouvez les combattre à coups de lampe à bronzer, que le métier de chasseur de Troll est je cite:
"Un boulot de merde" et bien d'autres choses encore. Avec un humour noir et potache type C'est arrivé près de chez vous, ce film fantastique vous entraîne dans son sillage rigolard
et décomplexé. Bon ce n'est pas avec ça que vous frissonnerez mais en attendant, vous aurez passer un bon moment. Inventif (les scènes avec les trolls sont criantes de réalisme), ce film donne
aussi très envie de visiter la Norvège car il s'attarde à montrer les paysages splendides qui façonne ce pays (enfin moi du coup, j'ai pas super envie d'aller trop dans leurs montagnes hein, vous
le comprendrez en voyant le film). Le dernier primé de Gerardmer prouve une fois de plus que le fantastique n'est pas mort et réserve encore bien des surprises. Et la prochaine fois qu'il y aura
une disparition de touriste en Norvège et que le gouvernement accusera les ours, vous saurez que ces pauvres bêtes n'y sont pour rien...
Bon ça fait longtemps que je n'ai pas posté (45 jours d'après le site...),
j'adorerais prétendre que c'est parce que j'étais trop occupé par mes lectures mais en fait non...De toute façon je parie que mes trois lecteurs ne s'en sont même pas rendu compte (coucou poune
juste pour te rappeler que j'ai retrouvé ton bouquin...) Enfin bref, pour compenser aujourd'hui je vais vous parler de groooos livre, 1362 pages pour être plus précis. Le genre de pavé que vous
ne pouvez que prendre pour vos vacances mais en vous demandant si vous allez devoir payer un supplément bagage dans l'avion, ou que vous mettrez un an à lire si ce n'est pas le cas. En fait
non, d'ailleurs je vous conseille de le prendre pour vos vacances car si vous mettez un an pour le lire, vous allez être comme moi, complètement paumé. Je m'explique: ce bouquin est un
véritable labyrinthe! Pour suivre Bolano dans les méandres de son récit, il faut être bien accroché et bien concentré. Non que ce ne soit pas interressant, ce livre est exceptionnel, sans
doute LE livre de la deuxième dizaine du millénaire (et oui déjà les zamis), sans doute aussi important que des monuments tel que Belle du seigneur ou La recherche du temps perdu, mais c'est
intense vraiment intense. Brillant, très brillant, peu être un peu trop d'ailleurs au point de faire mal aux yeux, au point de se sentir un peu bête face à un tel chefs d'oeuvre, au point de se
demander si on a le QI nécessaire bref, ce livre est d'une intelligence rare, l'oeuvre d'une vie (l'auteur est mort juste après, un signe sans doute...) mais ce n'est pas le genre d'ouvrage
que vous pouvez lire que d'un oeil, en pensant à autre chose. Bon passons à l'histoire, là je suis assez emmerdé parce que, vous racontez une histoire irracontable c'est pas facile. Alors
en gros (en gros hein, c'est vraiment les grosses lignes, genre faites au marqueur), c'est l'histoire de 4 universitaires spécialistes de littérature allemande qui découvrent un peu par hasard un
mystérieux auteur, Von Archiboldi, écrivain allemand dont personne, même son éditeur, ne semble rien savoir. Lui vouant un culte, ces chercheurs vont tenter de partir sur ses traces, cette
aventure va les emmener jusqu'au Mexique où des meurtres sanglants de jeunes femmes endeuillent une petite ville perdue. Bon donc là vous avez les grandes lignes, mais sachez que ce récit
foisonnant ne se contente pas de de suivre les pérégrinations de ces quatres protagonistes, non, il prend moults chemins détournés, partant d'un détail dans la conversation pour se lancer dans
une diatribe sur les phobies, d'un personnage tout à fait secondaire pour partir sur la piste de sa fille disparue, d'un professeur d'université qui vous emmenera à la découverte de la géométrie
des auteurs (oui là j'ai pas trop compris non plus), et j'en passe. Vous l'aurez compris, ce roman est la quintessence du roman choral, énorme, magnifique, intelligent mais intense, réellement
intense, il perd le lecteur volontairement pour mieux lui donner le vertige et ça marche du tonnerre! Je n'ai jamais été aussi perdu et aussi content de l'être, ce roman est fascinant,
magnifique, il FAUT le lire mais le lire avec attention, tous les neurones en alertes, vous voilà prévenu!