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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 12:24

album-cover-large-15066Voilà le type d'ouvrage qui laisse un goût amer parce qu'il prouve qu'il ne suffit pas d'avoir deux bons auteurs pour faire une bonne BD. Sur le papier ça paraissait impeccable, Boulet et son univers génialement foutraque et Pénélope Bagieu et son trait rond et efficace, mais comment dire? Bin vous voyez, c'est un peu comme si vous mettiez ensembles du chocolat et des olives aux anchois (j'adore les olives aux anchois) , c'est vachement bon pris chacun de son côté mais si vous mélangez les deux vous allez faire une drôle de tronche. Là c'est un peu pareil, ça fonctionne pas, bon c'est pas mauvais disons, j'ai lu pire mais vu les pointures, je sais pas je m'attendais à beaucoup mieux. Peut être que j'en attendais trop.Bon un mot rapide de l'histoire, une jeune femme se réveille sur un banc et s'apperçoit qu'elle a totalement perdu la mémoire. Rien, la page blanche (d'où le titre...), elle va donc tenter de retrouver son histoire tout en le cachant aux gens qui semblent la connaître. Là encore, un idée rigolote, avec en toile de fond le problème de l'uniformisation de la pensée, une idée chère à boulet, mais ce genre d'histoire qui aurait pû faire une excellente nouvelle, tombe à plat dans une BD de 200 (!) pages. Rebondissement poussifs et dessins ultra minimalistes on a l'impression que les auteurs ont plutôt bosser dans le remplissage de page plutôt que dans un scénar qui tienne un peu la route. Si ce n'est la pirouette finale relativement amusante, le reste se lit sans y penser et s'oublie tout pareil. C'est d'autant plus frustrant que Pénélope Bagieu avait prouvée avec Cadavre exquis , histoire inventive et acide, qu'elle était capable de pondre autre choses que de gentils petits dessins girly, et que Boulet... Bin c'est Boulet quoi, la star de la blogosphère et son dessin génial et ses idées farfelus et son humour incomparable. D'où le sentiment de gâchis devant ce truc sans saveur. Et pourtant dieu sait si j'étais dans de bonnes dispositions en le lisant, j'ai même essayé de me convaincre à la fin de ma lecture (j'ai eu toute une conversation d'une confondante mauvaise foi avec un collègue qui l'avait lu aussi, "Franchement, avoue c'est bof non?"

-Mais pas du tout, c'est juste un peuuu léger c'est tout mais c'est efficace

-Non mais sérieusement, ça tient pas...

-Mais tu comprends pas c'est BOULET

-Oui mais...

-C'est BOULET!!!!

-Mais le scénar...

-C'est BOULET!!!! tu la fermes et tu savoures (même si ça le goût de rien))

Bref tout ça pour dire: tout ça pour ça? Ca n'a pas empêché la BD de très bien se vendre, sans doute justement parce que c'est Bagieu et Boulet du coup ça sent un peu l'opération marketing,et perso je suis un peu mal à l'aise face à ce coup de pub, d'où le goût amer.

Raté c'est vraiment raté et ça me fait mal au bide de l'écrire...

Par livresselivresque.over-blog.com - Publié dans : le contournable du mois
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 11:11

Metamorphose-iranienne-couv-600.jpgOui bon, ça fait super longtemps que je n'ai pas publié, mais j'avais une super excuse: mon chien était malade et a mangé mon clavier, j'étais malade et j'ai mangé mon clavier, y'a eu un incendie chez moi, une inondation, j'avais la flemme, autre chose à faire (choisissez l'excuse qui vous paraît la plus crédible et/ou la plus rigolote, ces excuses n'étant pas protégées par un copyright vous pouvez les réutiliser à votre guise, c'est cadeau ça me fait plaisir).

Bref, j'ai au moins la circonstance atténuante de revenir avec de la (très) bonne came. J'ai nommé "Une métamorphose Iranienne" de Mana Neyestani, petit bijou grinçant et glaçant d'une absurdité telle que si ce n'était pas un témoignage on en croirait pas une ligne et pourtant... Bienvenue dans l'univers Kafkaïen du régime iranien et de son combat contre la liberté d'expression qui prend des proportions absurdes comme dans le cas qui nous préoccupe ici. L'auteur est un jeune dessinateur d'un journal pour enfants. A la suite d'une lecture de La métamorphosede Kafka, l'auteur imagine une histoire rigolote où l'un de ses personnages est aux prises avec un immense cafard qui a élu domicile dans son appartement. Jusque là, rien d'anormal, mais l'auteur a le malheur d'utiliser un terme azéri  (communauté d'origine turque) pour faire parler le cafard. Des groupuscules terroristes sortent alors l'image du contexte pour soulever la communauté Azéri, sous-entendant que l'auteur (et le journal qui le publie) les assimilent à des cafards. Ni une ni deux, cette image met vite le feu aux poudres de cette communauté souvent pointé du doigt et le dessinateur est accusé d'avoir provoqué ce soulèvement. Le voici enfermé en prison du jour au lendemain sans rien comprendre à ce qui lui est arrivé. S'ensuit alors une longue et infernale descente aux enfers où le narrateur, enfermé entre quatre murs, attend que l'on vienne le libérer. Point de torture physique ni de mauvais traitements néanmoins dans cette prison, mais une torture mentale bien plus insidieuse et pernicieuse se met en place: celle des interrogatoires. Tout les jours Mana est interrogé sur les motivations qui l'ont poussé à déclencher ces émeutes, tout les jours Mana ne comprend rien à ces accusations et tout les jours on le remet en prison en lui disant "Eh bien tant que vous ne savez pas, vous resterez ici", au passage on lui demande des infos sur d'autres dessinateurs qui pourraient avoir des comportements suspects en lui faisant comprendre à quel point il est chanceux, qu'il pourrait être transféré dans une autre prison où là on pratique la torture s'il n'est pas coopératif. Le cauchemar dure pendant des mois et ce n'est malheuresement que le début. Sans vous révéler tous les rebondissements de l'intrigue qui se lit comme un polar, sachez en tout cas que l'auteur est actuellement réfugié en France où il tente d'obtenir un statut de réfugié politique.

Cette BD est une véritable réussite, tant au niveau graphique que narratif, l'auteur n'a pas son pareil pour nous faire ressentir son incompréhension et les rouages ubuesques des prisons iraniennes. Sans complaisance mais sans voyeurisme non plus, il nous entraîne dans son récit dont on ressort secoué et fasciné. Magnifique!Metamorphose_vf--70BD.jpg

Par livresselivresque.over-blog.com - Publié dans : ça c'est du bon
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 16:22

jolie.jpgNombreuses sont les oeuvres mettant en scène des lilliputiens qui évoluent dans un monde magique et merveilleux où ces petites créatures minuscules forment une société parallèle aux hommes. L'exemple le plus récent étant sans doute Arriety, dessin animé sympathique des studios Ghibli. Souvent, ce monde est touchant, mignon et rigolo, peuplé de petite créatures troooop kawaï, qui font des papouilles aux petits zoziaux et dont les souris sont leurs amis, tout ça tout ça... On pourrait croire que Jolies ténèbres est une de ces oeuvres joyeuses et sans danger, les dessins sont ronds et tout mignons, les petites créatures souriantes et insouciantes gambadent dans une forêt enchantée.  Soudain, l'une d'elle est embarqué dans une fourmilière et dévorée, et là vous vous rendez compte que vous n'êtes pas chez Walt Disney, mais que vous êtes chez Velmann et Kerascoët et que le gentil monde tout mignon tout plein est en réalité  un nit de noirceur et de cruauté. Peu à peu vous vous apercevez que la chose dans lequel ce merveilleux monde mignon tout plein a élu domicile n'est autre que le cadavre encore frais d'une petite fille. Brusquement vous vous rappelez que le trait mignon et frais de Kerascoët vous l'avez déjà dans l'univers glauque à souhait de Miss Pas touche, mais c'est trop tard, vous voilà pris de fascination pour l'oeuvre affreuse et envoûtante de Jolies Ténèbres, ou la vie d'une royauté liliputienne perdue dans une grande forêt est mené par le bout du nez par une reine capricieuse, mégalomane et sadique qui persécute pour le plus grand plaisir de sa petite cours d'admirateurs des créatures qu'elle trouve trop laide, où des petits bonhommes au grand yeux se font dévorer vivants par des fourmis et des oiseaux, où la souffrance et l'amertume peuvent mener à la vengeance la plus cruelle qui soit. Conte noir et gothique, cauchemardesque, à la poésie  vénéneuse et envoûtant comme un poison fascinant, cette bande dessinée mérite bien son titre, les ténèbres n'ont jamais été ausi jolies... jolies_tenebres.jpg

Par livresselivresque.over-blog.com - Publié dans : ça c'est du bon
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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 15:21

The-Troll-Hunter-Affiche-France.jpgGerardmer, le grand festival du film fantastique a une fâcheuse tendance à récompenser des petits bijoux du fantastiques totalement improbables, on leurs dois nottamment d'avoir mis au devant de la scène en pleine période Twilght, un bijou du film vampirique nommé Morse, superbe film noir totalement incroyable, tourné avec trois bouts de ficelle et une inventivité sans précédent, prouvant que toute la production de film fantastique n'avait pas encore sombré dans la mode gothico-romantique de bas étage pour ados boutonneux. Cette année encore, ils frappent un grand coup en récompensant cet Ovni norvégien qui est Troll Hunter. Comme d'hab', lorsqu'il s'agit d'un petit film indé, comme beaucoup de productions récompensées à Gérardmer, 'faut vous levez tôt pour trouver une salle qui le passe, c'est bien simple, à Paris où je demeure, y'en avais qu'une (alors que des navets hollywoodiens comme Green Lantern qui rien que par son affiche mériterait un procès pour insulte au bon goût, trouve sa place dans tout les cinés de France et de Navarre allant même parfois jusqu'à réquisitionner deux salles rien que dans un seul ciné, mon dieu, pourquoi nous as-tu abandonné?) et en plus à un horaire où tout les honnêtes gens sont couchés. Bon, n'étant pas honnête et crevant d'envie de voir ce film, je m'y suis donc attelé et ne fut pas déçu du voyage. Ce film est poilant et inventif, comme tout bon film fantastique se devrait de l'être et les trois personnes qui étaient dans la salle avec moi seront d'accord. Le principe du film en lui-même n'est pas des plus originaux, faux reportage retrouvé après la disparition mystérieuse de trois étudiants, clin d'oeil au fameux Projet Blair Witch, néanmoins le principe marche du tonnerre et donne une authenticité bien marrante à ce gros délire. L'histoire donc est celle de trois étudiants faisant un travail de fin d'étude qui se mettent à suivre un étrange bonhomme qu'ils soupçonne de braconner les ours. Malgré la réticence de l'homme à s'expliquer, les étudiants le suivent secrètement dans une forêt perdue au fin fond de la Norvège et tombent nez à nez avec... un troll! (oui bah mais vu le titre vous vous attendiez à quoi? A un doryphore?), grâce à l'homme qu'ils poursuivaient, ils échappent de justesse à l'attaque de la mystérieuse créature et découvre la vérité: les trolls peuplent les forêt norvégienne et notre homme n'est autre qu'un chasseur de Troll engagé par le gouvernement pour éviter que ces derniers ne s'échappent des réserves où ils sont parqués. Les conditions de travail étant très insatisfaisantes, le chasseur employé de la TST (Troll Sécurité pour Tous), décide d'accepter d'être suivi par les trois étudiants afin de faire pression sur ses employeurs pour que la convention collective soit revue, ce qui n'est pas du tout du goût du gouvernement qui tente par tout les moyens d'étouffer les affaires de Troll. Dans ce film vous apprendrez à reconnaître les passages de troll (il y a des arbres arraché partout), qu'il ne faut surtout pas être chrétien si vous souhaitez passer inaperçu de ces derniers (ils vous reniflerait à des kilomètres),   que vous pouvez les combattre à coups de lampe à bronzer, que le métier de chasseur de Troll est je cite: "Un boulot de merde" et bien d'autres choses encore. Avec un humour noir et potache type C'est arrivé près de chez vous,  ce film fantastique vous entraîne dans son sillage rigolard et décomplexé. Bon ce n'est pas avec ça que vous frissonnerez mais en attendant, vous aurez passer un bon moment. Inventif (les scènes avec les trolls sont criantes de réalisme), ce film donne aussi très envie de visiter la Norvège car il s'attarde à montrer les paysages splendides qui façonne ce pays (enfin moi du coup, j'ai pas super envie d'aller trop dans leurs montagnes hein, vous le comprendrez en voyant le film). Le dernier primé de Gerardmer prouve une fois de plus que le fantastique n'est pas mort et réserve encore bien des surprises. Et la prochaine fois qu'il y aura une disparition de touriste en Norvège et que le gouvernement accusera les ours, vous saurez que ces pauvres bêtes n'y sont pour rien...

Par livresselivresque.over-blog.com - Publié dans : parce qu'il n'y a pas que les livres dans la vie..
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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 13:49

2666.jpg Bon ça fait longtemps que je n'ai pas posté (45 jours d'après le site...), j'adorerais prétendre que c'est parce que j'étais trop occupé par mes lectures mais en fait non...De toute façon je parie que mes trois lecteurs ne s'en sont même pas rendu compte (coucou poune juste pour te rappeler que j'ai retrouvé ton bouquin...) Enfin bref, pour compenser aujourd'hui je vais vous parler de groooos livre, 1362 pages pour être plus précis. Le genre de pavé que vous ne pouvez que prendre pour vos vacances mais en vous demandant si vous allez devoir payer un supplément bagage dans l'avion, ou que vous  mettrez un an à lire si ce n'est pas le cas. En fait non, d'ailleurs je vous conseille de le prendre pour vos vacances car si vous mettez un  an pour le lire, vous allez être comme moi, complètement paumé. Je m'explique: ce bouquin est un véritable labyrinthe!  Pour suivre Bolano dans les méandres de son récit, il faut être bien accroché et bien concentré. Non que ce ne soit pas interressant, ce livre est exceptionnel, sans doute LE livre de la deuxième dizaine du millénaire (et oui déjà les zamis), sans doute aussi important que des monuments tel que Belle du seigneur ou La recherche du temps perdu, mais c'est intense vraiment intense. Brillant, très brillant, peu être un peu trop d'ailleurs au point de faire mal aux yeux, au point de se sentir un peu bête face à un tel chefs d'oeuvre, au point de se demander si on a le QI nécessaire bref,  ce livre est d'une intelligence rare, l'oeuvre d'une vie (l'auteur est mort juste après, un signe sans doute...) mais ce n'est pas le genre d'ouvrage que vous pouvez lire que d'un  oeil, en pensant à autre chose. Bon passons à l'histoire, là je suis assez emmerdé parce que, vous racontez une histoire irracontable c'est pas facile. Alors en gros (en gros hein, c'est vraiment les grosses lignes, genre faites au marqueur), c'est l'histoire de 4 universitaires spécialistes de littérature allemande qui découvrent un peu par hasard un mystérieux auteur, Von Archiboldi, écrivain allemand dont personne, même son éditeur, ne semble rien savoir. Lui vouant un culte, ces chercheurs vont tenter de partir sur ses traces, cette aventure va les emmener jusqu'au Mexique où des meurtres sanglants de jeunes femmes endeuillent  une petite ville perdue. Bon donc là vous avez les grandes lignes, mais sachez que ce récit foisonnant ne se contente pas de de suivre les pérégrinations de ces quatres protagonistes, non, il prend moults chemins détournés, partant d'un détail dans la conversation pour se lancer dans une diatribe sur les phobies, d'un personnage tout à fait secondaire pour partir sur la piste de sa fille disparue, d'un professeur d'université qui vous emmenera à la découverte de la géométrie des auteurs (oui là j'ai pas trop compris non plus), et j'en passe. Vous l'aurez compris, ce roman est la quintessence du roman choral, énorme, magnifique, intelligent mais intense, réellement intense, il perd le lecteur volontairement pour mieux lui donner le vertige et ça marche du tonnerre! Je n'ai jamais été aussi perdu et aussi content de l'être, ce roman est fascinant, magnifique, il FAUT le lire mais le lire avec attention, tous les neurones en alertes, vous voilà prévenu!

Par livresselivresque.over-blog.com - Publié dans : littérature
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